‹ Les Métastases Sous-Cutanées Dans Le Cancer ÉpithélialChapitre 13 sur 27 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Les divers traitements que l’on a préconisés dans la cure du cancer pourront être tentés, mais nous pouvons dire, dès maintenant, qu'en dehors de l’ablation chirurgicale et de la radiothérapie, lorsqu'elles sont praticables, toutes les autres interventions sont toujours restées infructueuses.

Le médicament le plus ancien donné aux cancéreux est la ciguë ; depuis, on a donné du mercure, de l’arsenic ou des iodures sans obtenir la moindre amélioration.

L'opothérapie n’a guère été plus heureuse avec le suc testiculaire préconisé par Brown-Séquard, le suc thyroïdien et l'extrait de thymus. |

La sérothérapie semblait donner plus d'espoir et c’est ainsi que Fehleisen, ayant remarqué les bienfaits de l’érysipèle chez les cancéreux, injectait des cultures de streptocoque. Richet et Héricourt obtinrent un sérum anticancéreux : ils broyaient une tumeur enlevée par les chirurgiens ; après l'avoir additionnée d’un peu d’eau, ils l’injectaient à l’âne ou au chien dont ils recueillaient le sérum par saignée. Plus récemment, Adamkiewicks injecta de la cancroïne et Wlaeff pratiqua la sérothérapie à l’aide des blastomycètes. Ces divers sérums ne donnèrent pas encore

les résultats que l’on attendait et les injections d’acide

phénique, de sublimé, d’alcooi, d'acide salycilique, d’aniline, de violet de méthyle et de pyoctanine ne firent pas mieux.

Localement, on fit des applications d'acide lactique,

d'acide acétique, de chlorure de zinc et d'acide chromique.

Tous ces procédés que nous ne rappelons que pour mémoire n’ont jamais donné aucun résultat intéressant. Il n’en est pas de même de la chirurgie qui a donné un grand nombre de guérisons, lorsque son intervention a été précoce. Mais, en ce qui nous concerne, il ne faut pas oublier que nous avons à faire à des cas de cancer généralisé. Faut-il admettre qu'une guérison soit possible en intervenant chirurgicalement dans ces conditions? Il n’y a pas d'observations parues à ce sujet, mais on peut prétendre que le résultat serait négatif, car la généralisation cancéreuse affirmée par les métastases sous-cutanées rend l’intervention chirurgicale illusoire. indiquée lorsqu'il s’agit de cancer primitif localisé, elle ne l’est plus s’il s’agit de cancer

généralisé.

La radiothérapie va-t-elle enfin nous donner quelque résultat? Ménétrier et Clunet (obs. I) ont traité de cette façon une femme atteinte de cancer du sein et dont les tumeurs métastatiques siégeaient au niveau du cuir chevelu. À Ja suite du traitement radiothérapique, les tumeurs craniennes se mirent à diminuer petit à petit, sans aucune modification apparente des téguments, semblant fondre sous Ja peau. Elles n'ont pas semblé se ramollir avant de disparaître, mais elles ont diminué peu à peu, tout en gardant la même consistance. Après sept mois et demi de trai-

tement, les tumeurs avaient à peu près complètement rétro-

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cédé, laissant à leur place une peau blanche, amincie. Mais en même temps d’autres tumeurs se développaient à la nuque, sur les côtés du cou, au pubis, et l’on dut bientôt cesser le traitement à cause de la faiblesse de la malade. La cachexie alla ensuite progressivement de jour en jour et la malade fut finalement emportée. Cette observation montre bien que, dans le carcinome secondaire, le pronostic dépend bien plus de la tumeur principale et de ses généralisations ganglionnaires et viscérales que des localisations sous-cutanées, qui, elles, auraient cédé à la radiothérapie.

On a traité, récemment, les généralisations ganglionnaires du cancer par les injections intra-veineuses de sélénium colloïdal. Cette méthode, qui n’est pas encore aujourd'hui absolument au point, semble cependant avoir donné des résultats satisfaisants. Les malades traités ainsi ont vu le plus souvent leurs ganglions diminuer de volume ; peut-être en serait-il de même dans les cas de métastases sous-cutanées.

Toujours est-il que la généralisation cancéreuse réclame un traitement général et la sérothérapie sera certainement le traitement de choix le jour où l’on sera réellement fixé

sur les causes et l’origine du cancer.

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