‹ Les Métastases Sous-Cutanées Dans Le Cancer ÉpithélialChapitre 14 sur 27 · VALEUR CLINIQUE · texte numérisé non relu

VALEUR CLINIQUE

Nous avons vu que l'apparition des métastases cancéreuses sous-cutanées venait, en affirmant la généralisation du cancer, assombrir complètement le pronostic. D'autre part, tout traitement étant devenu illusoire dans ces conditions, l’évolution de la maladie demeure fatale. Il y aura donc un gros intérêt à reconnaître la nature de ces tumeurs, puisque le diagnostic nous apportera un élément de pronostic d’une importance considérable.

Au point de vue purement clinique, la présence des nodules cancéreux sous-cutanés peut mettre sur la voie du diagnostic, dans le cas où quelque symptôme fonctionnel vague aurait pu faire songer à un néoplasme, sans qu'il y eût pour cela certitude. Les nodules auront servi, dans ce cas, à établir le diagnostic.

Dans l’observation de Moreau (obs. XL), un malade se plaint de troubles dyspeptiques vagues et personne ne songe au cancer de l'estomac qui ne fut trouvé qu’à l’autopsie. Le malade présentait huit où dix tumeurs sous-cutanées dont l'examen histologique, s'il avait été pratiqué, aurait pu mettre sur la voie. Il en est de même du cas de Chaillous (obs. LIT), où l’on trouve, à l’autopsie, un cancer des

glandes surrénales, tandis que le malade ne s'était plaint

que de tumeurs sous-cutanées multiples disséminées dans les téguments.

Voici donc deux cas où la présence des nodules souscutanés aurait pu contribuer à établir le diagnostic.

D'autres fois, la présence de ces nodules pourra servir à réformer un diagnostic erroné : Rœseler (obs. XXIX) signale le cas d’une malade dont les troubles dyspeptiques avaient été attribués à la névropathie ; l'apparition de tumeurs souscutanées, survenant même avant les vomissements, aurait pu permettre de corriger le diagnostic. Simon (obs. XLIX), grâce à l'apparition de ces nodules, réforme le diagnostic qu'il avait porté de tuberculose intestinale.

Quelquefois, le diagnostic est plus délicat encore, lorsqu'il s’agit de malades syphilitiques, comme ceux de Laboulais (obs. XXI) et de Mazand (obs. XX VIIT) ; l'examen histologique des nodules peut seul, dans ce cas, trancher le diagnostic.

Enfin, dans tous les autres cas dont nous avons relevé les observations, l'apparition des métastases venait confirmer le diagnostic posé.

On voit par ces divers exemples que les métastases nodulaires sous-cutanées ne sont pas une simple curiosité clinique, mais qu'elles peuvent aussi aider le médecin à éta-

blir, réformer ou confirmer un diagnostic.

NÉE yret

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