A AL
Diagnostic : carcinomes lenticulaires sous-cutanés, secondaires à un cancer du rectum.
Examen histologique : carcinome.
. Observation XLVII (LEREBOULLET. — Bull. Soc. anal., juin 1899, p. 542.)
C... (Pierre), âgé de 51 ans, est entré le 16 novembre 1898, dans le service de M. Barth, à l'hôpital Necker, se plaignant de diarrhée intense avec adynamie et arnaigrissement progressif. Les symptômes ont commencé à se manifester il y a dix mois environ, mais se sont surtout accentués ces derniers jours ; actuellement, le malade a fréquemment des selles involontaires diarrhéiques très douloureuses ; il se plaint, de plus, d’un écoulement presque constant de glaires sanguinolentes et fétides à l’anus.
Il a perdu l'appétit et s'est mis à maigrir de façon marquée. Etat cachectique très prononcé. Facies pâle, blafard, creusé. Temporales très flexueuses. Artério-sclérose avancée : radiales dures et sinueuses. Hypertension artérielle très prononcée. Battements cardiaques réguliers, sans souffles, mais avec un second bruit aortique très clango- Teux.
Toucher rectal : doigt pénètre dans un rétrécissement assez serré dont il n’atteint que difficilement la limite supérieure et qui paraît formé par un cancer végétant complètement circulaire, mais surtout développé aux dépens de la paroi postérieure. Il est très adhérent aux organes voisins. Il saigne facilement. La palpation abdominale révèle la présence de masses ganglionnaires, dures, du volume d’une grosse noix, dans la fosse iliaque gauche, au-dessus de l’arcade de Fallope, donnant l’impression de ganglions cancéreux. Les ganglions inguinaux proprement dits paraissent, en revanche, peu touchés.
TIn peu au-dessous, dans le pli de l’aine gauche, on constate l’existence d’une petite lumeur sous-culanée, de la grosseur d’une amande, formée d’une triple bosselure verruqueuse dure, couverte de poils à son sommet avec croûtelle noirâtre à sa surface, libre vers
les plans profonds, absolument indolente. Le malade ne peut préciser
sé THÈME
exactement l’époque d'apparition ; d’après lui, elle remonte à moins de dix mois. Les autres organes ne paraissent pas atteints. La
cachexie fait de rapides progrès ; le malade meurt le 7 décembre.
Autopsie. — Rectum : vaste cancer circulaire adhérent aux organes voisins, atteignant presque à sa partie inférieure la marge de l’anus, remontant à 8 ou ro centimètres au-dessus, très végétant avec induration de base marquée ; au-dessus de Jui, l’ampoule est dilatée, ulcérée, présente des lésions de rectite assez intenses.
Ganglions iliaques externes sont envahis.
Foie : noyaux cancéreux secondaires.
Examen histologique. — Rectum : aspect typique de l’épithélioma cylindrique du gros intestin.
Tumeur cutanée : type de noyau secondaire cutané sous-épider-
mique à distance,
Observation XLVIII
(QuÉNu. — Chirurgie du rectum, 1899, v. 2, p. 1
Malade atteint de cancer du rectum.
Métastases au niveau de la peau.
Observation XLIX (Simon. — Bull. de la Soc. anal., février 1900, p. 211).
Malade entre à l'hôpital Tenon, en septembre 1899. Déjà un peu cachectisé, il se plaignait d’avoir depuis plusieurs semaines une diarrhée abondante, fluide et rebelle à tous les traitements. Dans ses antécédents on relève une fistule rénale opérée trois mois auparavant et dont on avait fait dans le service de chirurgie une fistule bacillaire. Son neveu, venu dans le service quelques mois auparavant, y avait été soigné, pour une tuberculose pulmonaire au 3 degré. Pour toutes ces raisons, à un premier examen superficiel, on avait porté le diagnostic probable de tuberculose de l'intestin. Mais quelques
Jours après, en réexaminant plus complètement le malade, on trouve
sur les parties latérales du thorax et sur l'abdomen trois petites nodosilés sous-culanées, de la grosseur d’un pois. La peau qui les recouvrait avail*conservé sa couleur normale. On mobilisait facilement ces petits noyaux sur les plans profonds, mais la peau ne glissait pas à leur surface ; enfin cette exploration était absolument indolore. En même temps, on découvrit sur les parties latérales gauches du cou un paquet ganglionnaire qui avait tout l’aspect de ganglions cancéreux. La diarrhée persistante fit alors penser à une localisation néoplasique sur l'intestin, et le toucher rectal montra en effet un rétrécissement bourgeonnant des plus caractéristiques, siégeant à 3 où 4 centimètres au-dessus de l’anus. Les jours suivants, les petites tumeurs cutanées augmentèrent progressivement de volume ; on en vit apparaître de nouvelles, mais toutes situées sur le thorax et l'abdomen. Le malade se cachectisa rapidement, les membres s’æœdématièrent et il mourut au bout d’un mois environ. Les tumeurs cutanées étaient alors au nombre d’une douzaine
les unes de la grosseur d’une petite noisette, les autres, les plus récentes, de la grosseur d’un pois. La peau qui les recouvrait était
alors rouge, luisante, mais n'était encore ulcérée en aucun point.
Autopsie. — Cancer du rectum iypique.
Histologie. — Epithélioma diffus colloïde du rectum.
Noyaux cutanés : reproduction exacte des lésions de la tumeur initiale.
Observation L (LaxceræAaux. — Atlas d'anatomie pathologique).
M., journalier, âgé de 56 ans, entre à l'hôpital de la Pitié, service de M. Gendrin, le 15 mars 186r. Homme grand et bien constitué,
ce malade, quelques mois seulement avant son admission, à com-
LEBOSSÉ. 6
TR Ne
mencé à souffrir de l’abdomen et, depuis lors, sa santé s’est altérée, il s’est amaigri de jour en jour.
Dès notre premier examen, le 19 mars, nous le trouvons pâle, émacié, sans troubles des organes thoraciques ; mais, à la palpation de l’abdomen, nous constatons l'existence de tumeurs multiples, arrondies, du volume d’un petit marron ou d’une noisette, dont quelquesunes du moins paraissent mobiles dans la cavité du ventre. Appétit faible, constipation habituelle et opiniâtre, fonctions urinaires normales. Dans les jours qui suivent, constatation dans l'épaisseur de la paroi abdominale d’une tumeur analogue à celles que renferme la cavité du ventre ; ces dernières semblent se multiplier et grossir, la maigreur progresse, la faiblesse s'accroît peu à peu et la mort à
lieu le 24 avril, sans avoir été précédée d'œdème des membres.
Autopsie. — L'ouverture de la cavité abdominale montre l'existence d’une tumeur du volume d’un œuf dans l’épaisseur de la paroi, un peu au-dessous de l’ombilic. Des tumeurs analogues et plus petites, marronnées, existent en grand nombre dans la cavité du ventre, la plupart appendues au grand épiploon, quelques-unes disséminées sur le feuillet pariétal du périltoine, d’autres, enfin, envahissent le foie, la rate ct l’un des reins. L'étude microscopique de ces tumeurs apprend qu'elles doivent être rangées dans la classe des cancers
colloïdes.
Observation LI (Danms. — Inaug. Dissert. Würzburg.)
Malade présentant un cancer du pancréas. On trouve des métastases sous-cutanées constituées par des nodules siégeant des deux côlés de l'ombilic d'où parlaient, en rayonnant, un grand nombre d’autres
nodosilés.