‹ Les Métastases Sous-Cutanées Dans Le Cancer ÉpithélialChapitre 22 sur 27 · THE · texte numérisé non relu

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Observation Lil (Pret. — Gazella medica italiana, 1909, n°% 21-22.)

. Cortese (Carlo), âgé de 72 ans, de Montesano, paysan marié, appartenant à une famille bien portante. Pas de maladies dans l’enfance ; à sept ans a commencé à travailler dans les champs. A trente ans, se marie avec une femme saine, actuellement vivante, de laquelle il eut six fils ; quatre sont morts dans leur jeunesse de fièvre typhoïde ; les autres sont encore vivants, À 42 ans, pleurésie et, depuis, a toujours joui d’une très bonne santé. Usage modéré du vin et du tabac.

En juillet, le malade a commencé à ressentir, au niveau de la région ombilicale, une douleur légère et fugace qui se mit à augmenter progressivement en intensité et en durée ; cette douleur survenait surtout après le repas et durait quelques minutes ; elle se manifestait par une sensation de pesanteur et d’oppression au niveau de l’abdomen. Bon appétit. Selles normales.

Enfin, en septembre, le malade s'aperçoit que ses fèces présentent une couleur plus pâle que de coutume.

Interrogé sur l’apparition d’une petite tumeur, que l’on observe, formant saillie, sous la peau de la région sous-claviculaire gauche, il ne peut rien dire, ce fait n'ayant pas retenu son attention. Ses douleurs devenant plus intenses et plus fréquentes, son amaigrisscment s’accentuant, le malade entre à l'hôpital le 30 novembre.

Etat actuel. — Individu de taille moyenne bien conformé.

La peau, de couleur brune et sèche, présente, au niveau de la région sous-claviculaire gauche, dispersées çà et là, des petites tumeurs de forme nodulaire, de la grosseur d’un petit pois, de consistance fibreuse, non adhérentes à la peau qui semble normale ; pas d’œdème. À la palpation, les ganglions inguinaux semblent légèrement augmentés de volume et durs.

RARE SLT TN: C5 0.0:

À la tête, au cou et au thorax, rien à signaler.

L’abdomen paraît asymétrique, légèrement déprimé du côté droit ;

la région épigastrique est proéminente, Tout l’épigastre est occupé

par une masse du volume d’une tête de fœtus à terme, dure, fibreuse, ne se déplaçant pas avec les mouvements respiratoires, non mobilisable à la palpation. Durant l'inspiration, la paroi abdominale s'éloigne de la masse néoplasique. La tumeur est comprise entre les prolongements ‘des deux lignes mamillaires ; à gauche, elle se perd dans la profondeur ; à droite et en haut, elle se confond avec le foie, en bas elle arrive à un demi-centimètre environ de la cicatrice ombilicale. En appuyant la main légèrement sur l’épigastre, on provoque un clapotage gastrique qui s'interpose entre la tumeur et la paroi abdominale. Cette interposition se vérifie en pratiquant l’insufflation de l’estomac. En insufflant le côlon, la tumeur se palpe moins distinctement. À la partie inférieure de l'abdomen, météorisme. A la percussion, tympanisme partout à l'exception de la portion située

au-dessus d’une ligne transversale passant par l’ombilice, où il y a

matité. , Foie. — Limite supérieure : 6° espace.

Limite inférieure : se confond avec la tumeur. Estomac. — En introduisant 100 centimètres cubes d’eau, on

délimite, par la percussion, la grande courbure de l'estomac qui arrive à 4 centimètres au-dessus de la cicatrice ombilicale ; en introduisant de nouveau 100 centimètres cubes d’eau, elle s’abaisse d'un doigt, traversant et recouvrant en partie la tumeur ci-dessus décrite. Le 1° décembre, au matin, on vide l’estomac et l’on donne un repas d'Ewald qui, extrait une heure après l’ingestion, donne /{o centimètres cubes de bouillie légèrement acide ; le liquide filtré ne donne pas la réaction de Günzbourg ; il donne, légèrement positive, celle d'Uffelmann pour l’acide lactique. Pas de sang. A l'examen microscopique : grains d’amidon.

Rate. — Non perceptible sous le rebord costal. Sa matité s'étend, du bord inférieur de la huitième côte sur la ligne axillaire postérieure, au bord supérieur de la onzième ; la ligne axillaire antérieure la traverse par le milieu.

Reins. — Non douloureux, non accessibles à la palpation.

L'urine rouge brique contient des traces d'albumine :; pas de

sucre, ni albumose, ni pigments biliaires, ni acétone.

= (lo à à | Sédiments : globules rouges et blancs, quelques cylindres granuleux, rares cellules rénales. à Fèces. — Blanchâtres ; pas de sang ; nombreuses gouttelettes de

graisse, fibres musculaires et végétales, grains d’amidon. Sang : hématies : 4,500,00 ; leucocytes : 12,000. «

Dix jours après son arrivée dans le service, l’urine se charge de pigments biliaires, la conjonctive prend une teinte jaune, la peau devient nettement ictérique. D'autres nodules sous-cutanés apparaissent sur le thorax, l’abdomen, le dos, la face interne de l’avantbras droit, la face antérieure de la cuisse gauche. Ces tumeurs sont de grosseur variant du volume d’un petit pois à celui d’une noisette ; non adhérentes à la peau. OEdème des membres inférieurs et du tronc. Dans le suc gastrique et les fèces apparaît du sang. Abdomen toujours plus météorisé. La ponction de l’ascite donne un liquide clair, de couleur jaune limpide, contenant des pigments biliaires, leucocytes rares avec majorité de polynucléaires. Le malade dépérit rapidement ; le nombre de ses globules rouges descend à 2,400,000,

avec augmentation des globules blancs (21,000).

Le 4 janvier, entre en agonic ; le 6, meurt.

Autopsie. — Carcinome primitif de la tête du pancréas, avec propagation à l'estomac, au duodénum, au ligament hépato-duodénal et métastases au péritoine, au foie et au tissu cellulaire sous-cutané. Artério-sclérose diffuse, myocarde induré. Congestion et œdème pul-

monaire. Néphrite chronique.

Examen histologique. — Pancréas : Exception faite pour la queue, plus ou moins complètement envahi par le néoplasme. Ce néoplasme est constitué par des cellules du type épithélial de forme arrondie ou polygonale.

Nodules sous-cutanés : Amas compact de cellules épithéliales arron-

dies ou ovalaires, réunies dans un stroma pauvre en lissu conjonctif.

DT

Observation LE (CHarzrous. — Bull. Soc. anat. Décembre 1897, p. 931).

Le nommé G..., âgé de 27 ans, typographe, entre le 2 novembre 1897, à l'hôpital Broussais, dans le service de M. Michaux, pour tumeurs multiples de la peau et surtout pour exophtalmie droite. En juillet dernier et sans cause apparente, le malade s'était aperçu qu'il portait, un peu au-dessus du mamelon gauche, une.induration rouge de la peau, de la largeur d’une pièce de cinq francs. Vers la même époque, il sent dans son aisselle gauche une masse roulant sous le doigt, peu volumineuse et peu douloureuse. Puis de nouvelles indurations apparaissent près du mamelon droit, à deux travers de doigt au-dessus du pubis, à la partie supéro-externe du creux poplité droit, à la

face externe de la jambe gauche.

Le 2 août, dans le service de M. Richelot, à Saint-Louis, on ealève au malade les ganglions de l’aisselle gauche et les différentes tumeurs disséminées sur le thorax et sur les membres inférieurs. En septembre, récidive dans la cicatrice de la région hypogastrique. En octobre, la joue droite grossit, l’aile droite du nez $e dévie en dehors, la peau devient rouge et la tuméfaction gagne la paupière inférieure ; bientôt l'œil fait saillie. Un médecin ordonne de l’iodure de potassium et des frictions mercurielles ; aucune amélicration ne se produit.

Le 2 novembre, le malade entre dans le service de M. Michaux. Tout d’abord, on constate chez lui une asymétrie assez considérable de la face : tout le côté droit est tuméfié ; la peau a des teintes qui vont du noir au rouge violacé, séparées par des intervalles de peau saine. L'œil, très projeté en avant, est recouvert avec peine par les paupières œdématiées : la conjonctive est rouge et la paupière supé-

rieure sillonnée de veines bleuâtres. La commissure labiale est déviée

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du côté gauche et le nez repoussé du même côté. Par la narine droite, largement ouverte, s'écoule continuellement un liquide séreux. Au-dessous de la paupière inférieure, la peau présente une induration violacée, indolore, de la largeur d’une pièce de deux francs ; au-dessous encore, noyau violacé qui a gagné l’aile droite du nez à la partie correspondante de la lèvre supérieure. On observe aussi une petite tumeur à la partie postéro-interne de la cuisse droite, une autre à la partie supérieure du creux poplité droit, deux autres plus petites à ia face externe du mollet gauche. Chacune de ces petites masses est incluse dans la pau, ne fait pas saillie et n’adhère pas aux parties profondes. Elles sont toutes dures, indolores, arrondies et violacées. Rien dans la bouche ; voûte et voile du palais normaux. Quelques ganglions peu volumineux, indolores et sans caractères roulent dans les aisselles ou au pli de l’aine. Le malade ne se plaint que de sa difformité, il a conservé bon appétit, n’a pas trop maigri et demande qu'on le débarrasse de sa tumeur.

Les jours suivants, l'œil devient un peu plus saillant et, malgré cela, le malade n'accuse de ce côté aucun trouble fonctionnel. Tous les soirs la température monte à 39° et s'approche parfois de 4o°. On ne constate aucun trouble soit du côté du cœur, soit du côté des poumons ; les urines ne contiennent ni sucre, ni albumine. Le 5 novembre. — Chémosis considérable de la conjonctive. Depuis deux jours, le malade dit avoir perdu l'appétit et ne boit

dans la journée que quelques tasses de lait.

Le 8 novembre. — Température : 39.6.

Le 9 novembre. — Température : 38.8 le matin et 39.6 le soir. Le ro novembre. — Température : 38.8 le matin et 40.2 le soir.

Le malade a déliré toute la nuit. La langue est sèche, l’haleine fétide. Le 15 novembre. — Le délire augmente ; on est obligé d’attacher le malade. Température : 39.4 le matin et 39.6 le soir. Pouls : 130. Respiration : 28. Lèvres desséchées.

Le ;2 novembre. — Température : 39.4 le matin et 40.4 le soir. Pouls : 128. R : 44. Dans la soirée, le malade est un peu moins agité, l’œil est moins saillant et l’asymétrie faciale a beaucoup diminué.

Le 13 novembre. — Le malade à passé une nuit assez calme. Tem-

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