‹ Les Métastases Sous-Cutanées Dans Le Cancer ÉpithélialChapitre 8 sur 27 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

Les cancers épithéliaux, plus que toutes les autres variétés de cancer, se disséminent dans l’organisme et forment des métastases en tous les points où peuvent être transportées leurs cellules. Ces migrations à grande distance s'effectuent, dit Ménétrier, par l'intermédiaire de voies préformées, que les cellules cancéreuses utilisent à la manière de cellules leucocytiques migratrices, voies de circulation lymphatique

ou sanguine, où bien cavités séreuses.

Voie lymphatique

Les cellules cancéreuses, pendant leur trajet au travers des espaces conjonctifs, rencontrent les canaux lymphatiques et y pénètrent ; la raison en est, d’après Cornil et Ranvier, que les alvéoles du carcinome sont en pleine communication avec les vaisseaux lymphatiques ; pour Ménétrier, les cellules cancéreuses jeunes posséderaient les mêmes propriétés diapédétiques que les leucocytes. Lorsque les cellules épithéliales ont pénétré dans les voies lymphatiques, elles peuvent les traverser simplement, comme les éléments de la lymphe, et se trouver ainsi transportées jusqu'au gan-

glion le plus proche ; mais, le plus souvent, elles prolifèrent

dans le vaisseau lui-même, le distendent et y constituent une première métastase conformée suivant le type originel du cancer.

Autrefois, on a discuté sur le mode de production de cette infection Iymphatique et admis une transformation cancéreuse des endothéliums ; aujourd'hui, on reconnaît sans contester, la réplétion, par les cellules épithéliales émigrées, des conduits Iymphatiques dilatés. Ces réseaux Iymphatiques, distendus par les cellules cancéreuses, deviennent visibles à l'œil nu et se voient particulièrement bien sur les surfaces séretses du péritoine et de la plèvre. Qu'elles y soient directenient transportées ou qu'elles v parviennent après prolifération sur toute la longueur des canaux Iymphatiques intermédiaires, les cellules épithéliales. s'arrêtent dans le premier ganglion qu'elles rencontrent et cela constituc.le premier stade de l'infection Iymphatique. Dans le ganglion, les cellules pénètrent par les conduits afférents et se répandent, comme la Iymphe, dans les sinus du ganglion. C'est là que l’on rencontre les premières cellules épithéliales. C’est là que se forment les métastases par multiplication des cellules émigrées. Les cellules épithéliales, en proliférant, forment une nouvelle tumeur dans le ganglion ; au niveau de cette tumeur, le tissu ganglionnaire complètement envahi est remplacé par un tissu semblable à celui du néoplasme primitif et souvent même présentant avec une netteté plus grande les caractères de son type originel. De ce premier foyer ganglionnaire partiront de nouvelles cellules par la voie des Iymphatiques efférents ; cheminant de proche en proche, elles iront infecter les ganglions voi-

sins, y formeront de nouveaux foyers, atteindront des gan-

glions de plus en plus éloignés et finalement, rejoignant le canal thoracique, pourront alors se déverser dans le courant sanguin. Dans l’envahissement des réseaux lymphatiques, la progression se fait donc des troncs lymphatiques aux ganglions de la région, de Ià aux ganglions éloignés et, finalement, au système circulatoire sanguin.

L'envahissement se fait habituellement suivant le cours de la lymphe, mais la métastase rétrograde est extrêmement fréquente dans les voies Iymphatiques.

Le fait se conçoit facilement : dans un ganglion envahi par la prolifération épithéliale, les voies de circulation finissent par être complètement oblitérées et il en résulte un obstacle absolu à la progression de la ymphe qui sera obligée de refluer avec les cellules cancéreuses qu'elle transporte ; c’est ainsi que s’établissent des courants anormaux qui peuvent reporter l'infection dans les ganglions situés en amont du siège primitif du cancer. D'autre part, il peut arriver que des ganglions éloignés du siège du néoplasme soient intéressés, sans lésions apparentes des voies intermédiaires ; cela provient, comme l’ont démontré Troisier, puis Belin, de particularités dans le régime de la circulation lymphatique, amenant, par exemple, l'invasion des ganglions sus-claviculaires gauches, dans le cancer de l'abdomen. Les connexions du canal thoracique à sa terminaison avec le groupe des ganglions de l'angle sternoclaviculaire, expliquent le transport des cellules néoplasiques et les inégalités de pression vasculaire au niveau du confluent du canal thoracique dans la veine jugulaire, rendant compte du reflux éventuel dans les ganglions voi-

sins des cellules émigrées jusque-là.

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