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En dehors de ce transport des cellules néoplasiques jusqu'aux ganglions du cou et jusqu’à la jugulaire, le bourgeonnement pariétal des cellules cancéreuses peut amener l’oblitération du conduit. Celle-ci peut survenir également par suite d’une réaction végétante de la paroi, provoquée par la thrombose néoplasique et qui transforme la cavité en cordon fibreux, solide ; il persiste seulement des îlots de cellules épithéliales, au milieu du tissu fibreux néoformé. L'infection généralisée du système lymphatique qui en résulte se comprend facilement, l’oblitération du canal thoracique ayant déterminé une stase générale de la Iymphe dans laquelle les cellules épithéliales se sont indéfiniment
multipliées.
Voie sanguine
L’invasion du système circulatoire sanguin peut résulter de la pénération des cellules épithéliales par le canal thoracique, comme nous l’avons dit plus haut ; mais, souvent, les veines sont envahies à leur origine dans la tumeur. Souvent même, les gros troncs veineux sont pénétrés par les cellules épithéliales, qui dissocient leurs tuniques, arrivent à la surface interne et bourgeonnent dans la cavité. Ce bourgeonnement peut s'étendre assez loin et remonter la veine cave jusqu au cœur droit. Plus souvent, des cellules épithéliales isolées sont emportées par le courant sanguin et s'arrêtent dans le premier réseau capillaire qu'elles rencontrent.
Dans les réseaux sanguins comme dans les ganglions Ivmphatiques, une première métastase donne lieu à de
nouvelles. Des cellules détachées sont emportées par le cou-
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rant sanguin traversant les cavités cardiaques et vont s’emboliser dans les réseaux capillaires du poumon ; il se forme de nouvelles métastases à ce niveau, et les cellules épithéliales arrivées aux origines de la grande circulation peuvent dès lors être envoyées de tous côtés. Ces étapes intermédiaires ne sont d’ailleurs pas indispensables ; des cellules jeunes, peu volumineuses, peuvent très bien traverser, sans s y arrêter, les réseaux capillaires, comme le font les globules sanguins, et ne se fixer que dans les régions qui pré-
sentent des conditions particulièrement favorables à leur développement.
Voie des séreuses
Lorsque les cellules épithéliales sont arrivées au niveau d’une séreuse, elles peuvent s’y introduire de deux façons : tantôt elles se greffent par contact direct ; tantôt elles tombent dans la cavité de la séreuse, souvent remplie de liquide exsudé sous l'influence irritative de la tumeur. Là elles prolifèrent et vont s'implanter en des points plus ou moins éloignés. Ces cellules néoplasiques, en suspension dans les épanchements des séreuses, conservent, en effet, toute leur vitalité. Or, comme les cavités séreuses sont reliées les unes aux autres par d’intimes connexions Iymphatiques, l'infection de l’une entraîne celle des autres lorsque les parois en contact sont intéressées. C’est ainsi que le cancer passe du péritoine à la plèvre par les Ivm-
phatiques du diaphragme, ou bien des plèvres au péricarde.
Ces diverses voies de généralisation jouent-elles un rôle
dans la formation des métastases sous-cutanées ?
Tr fie
La voie lymphatique et la théorie de lembolie rétrograde semblent vraisemblables en ce qui concerne les métastases sous-cutanées proches ; mais il est plus probable que pour les généralisations éloignées le système vasculaire tout entier doive jouer un rôle dans la dissémination des cellules cancéreuses.
En ce qui concerne la voie des séreuses, elle prend une part réelle dans la généralisation sous-cutanée. Parmi les cas que nous avons recueillis, nous avons trouvé onze fois un épanchement pleural ou péritonéal. Dans l'observation de Hanot (obs. LIV), on signale même la présence de prolongements filiformes grisâtres allant, des nodosités, se perdre dans le médiastin antérieur. Ces prolongements sont-ils bien des traînées de Iymphangite cancéreuse réunissant les noyaux sous-cutanés à la plèvre envahie? Cette question des communications des cavités séreuses et des capiilaires Iymphatiques n’est pas encore définitivement résolue. Les histologistes modernes expliquent plutôt le passage du liquide des séreuses dans les réseaux lymphatiques par la perméabilité de leur endothélium et nient
l'existence de ces communications.