‹ Les métaux dans l'antiquitéChapitre 109 sur 248 · V. AiaXapiêavsi · texte numérisé non relu

V. AiaXapiêavsi

Telle était meme la vertu purificative attribuée aux dieux de la Samotbrace, que les dieux de l’Olympe, et le plus grand de tous, Jupiter, y recouraient. Nous en trouvons la preuve dans un passage du sclioliaste de Théocrite , qui mérite de fixer l’attention à plus d’un titre. Ce passage, en effet, nous a probablement conservé le canevas d’un poème de Sopliron, de l’écrivain qui fit les délices des plus grands esprits de l’antiquité, et dont tous les ouvrages ont péri.

Interprétant le mot ‘E/.aTa, le scboliaste nous dit : cc On assure cju’Hécate est une divinité souterraine, et {< qu’elle règne sur les morts, ainsi que l’atteste So- « pliron, quand il raconte: Que Junon, ayant eu a commerce avec Jupiter, donna naissance à une fille, « et Cju’on lui imposa le nom d’Angélos; que cette (( fille , après sa naissance , fut remise de la part de cc Jupiter aux Nymphes pour qu’elles l’élevassent ; que (( devenue grande, Angélos déroba à Junon l’essence cc dont se servait la déesse pour colorer son teint ce bruni, et en fit présent à Europe, la fille du Pbénicc cien (Agénor); que Junon s’étant aperçue du larcin, (c s’élança à la poursuite de sa fille, la voulant punir ; (( mais qu’ alors iVngélos se réfugia d’abord dans la cc maison d’une femme Cjui venait d’accoueber, et de (c là auprès d’hommes qui portaient un mort; que « cette circonstance força Junon de cesser sa pourcc suite ; et que Jupiter ordonna aux Cabires de prenc( dre la jeune fille, et de la purifier; et que ceux-ci cc l’ayant conduite auprès du lac Achérusie, lavèrent cc sa souillure. Et de là vient, dit-on, le rôle qui lui a cc été attribué de déesse des morts et le titre de sou- (c terraine. — T'^v *E/-aT7iV yGoviav cpaal 6eov y.al vepTspeov

« TupuTaviv, za6à zal 2c6cppojv * '^Hpav Ait yevv'^cai

(( TTapÔsvov* ovo[i.a (^à aÙT'^ ôéaôai "^AyysXov. TauTviv [/.STa « T/)V y£vv7j(7iv ÙTUo^ Taîç vu[xcpaiç ^oôvi'vai Trapà tou Aïo; Tp£- « (p£cr6ai. Aù^av6£Î'Gav vSki^y,i to t^^; 'llpaç [Jiupov, w to (( TTpoTcoTiTov auTTj'ç ai^ov '/]v y pio[JL£vov, y.ai (Couvai EupcoTT^o ty] « ^)oivr/wO; GuyaTpi. Aic*Ôo[j.£V7]v t'^v ''Hpav x,ai £(pop[Ji*^'cai [üou- « lo[X£vviv aÙTTiv zoT^aTai®* T'/ivix,auTa [xàv to TrpwTOv £iç yuvaic( /.oç T£T0'/-uiaç OIX.OV yvaTacpuy£‘Tv, £X.£i'Ô£v i^à Trpoç av<^pa; VEX.pov , c( (p£povTaç. '^OOev t‘^v [J-£V '^Hpav aTirocT-^vai , tov Aia, tou; « RaÉ£ipou; Z£‘X£ucrai àva)vaêovTaç y-aGapai • £X£ivouç £7wi « Tviv ’Ay£pou(7iav li[Jivviv âîrayayovTa; àyviTai. '''OG£V tyiv G£ov cc aTroy-E'/wV/ipwaGai toi'; T£Gv£wti, zaï xaTa^Goviav cpaTiv^. » On n’en finirait pas de relèveras fautes que commet Sainte-Croix; je ne puis cependant ne pas montrer encore ce qu’il a fait de cette relique du passé, dont il ne soupçonna jamais l’origine et l’importance. Voici ce qu’il en dit : « S’il arrivait que Ton eût.négligé dans a l’enfance ou pendant le reste de la vie de se faire « purifier, cela n’était pas sans remède. Cette céré- « monie, qu’on croyait nécessaire pour jouir d’une « félicité sans bornes après la mort , pouvait encore

1. On a regardé cette phrase comme incorrecte; je mets uuo sous la dépendance de Toé'fsadai^ et j’entends comme s’il y avait U710 Twv vu(ji©wv, cpioique ce complément de la préposition appartienne plutôt à la poésie qu’à la prose. Qui nous dit que ce ne sont pas les termes mêmes de Sopliron?

2. J’ai cherché à corriger un peu l’irrégularité de construction de cette phrase, en mettant un point en haut après xoXaaai; car c’est ’Ayy=^'^v, et non plus '’Hpav, qui est le sujet de xa-racpuYsïv.

3. Ad JcÇy//. Il, 12. — Sophron nous a conservé ici une tradition de son pays ; Hésychius nous apprend que les Syracusains appelaient Diane ’Ayys^^oî • ® ’Vyys^Qv 2upaxou(jioi tyiv ’ÂpTgpuv Xsa ‘foi}(7i (V. "'Xyyiko'^). »

(c se pratiquer sur le cadavre du défunt. On trouve cet a usage clairement indiqué dans la fable d’Angélos, « fille de Junon. Cette déesse cherchant à punir sa « fille de ce qu’elle lui avait dérobé son fard, celle-ci ((-se réfugia auprès de gens qui pcfttaient en terre un « mort. Jupiter, son père, l’ayant su, ordonna aussitôt « aux Cabires de la purifier ; ce qu’ils exécutèrent, (( après l’avoir conduite sur les bords de l’Achéron, cc c’est-à-dire quand elle fut morte h »

Le récit du scholiaste n’est pas seulement ici écourté, mutilé , mais altéré profondément dans son* sens et dans sa portée.

Et d’abord, il njest nullement dit qu’Angélos fût morte ; tout prouve, au contraire, qu’elle était en vie avant et après la cérémonie des Cabires. Angélos avait été souillée par l’approche d’une femme nouvellement accouchée et d’un cadavre; et elle se trouvait soumise à la nécessité de tout mortel vivant, qui contractait cette double souillure : il fallait alors recourir aux purifications, sous peine d’étre repoussé des autels et proscrit par la religion. « Si, parmi les mortels, dit « Euripide, quelqu’un a commis un meurtre, ou touc( ché de ses mains une nouvelle accouchée ou un (c cadavre, la déesse le repousse de ses autels, jugeant « qu’il a contracté une odieuse souillure. »

BpoTtov [j.£V '^v Tiç a<j'r,Tai cpovou,

xai ’koyj.icü.q, vsxpoîi ôiyv) ^epoTv,

Btopiwv aTTEipYSi, [/.uaapov wç '^■^upt.évT]

Mais c’est surtout la conséquence que le baron de

1, Recherches sur les myst., t, I, p. 51 sq.

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