‹ Les métaux dans l'antiquitéChapitre 116 sur 248 · Légat. ^ V, p. 19, ed. Dechair · texte numérisé non relu

Légat. ^ V, p. 19, ed. Dechair

U gens ont dû à leurs vœux d’échapper à*la violence (( de la tempête , et d’arriver au port sains et saufs ? « Si bien, je le remarque, répondit le philosophe; car « on n’a peint nulle part ceux qui ont fait naufrage, « et qui ont péri dans la mer. — Tu, qui deos putas i< humana negligere, nonne animadvertis ex tôt tabucc lis pictis, quam mulli votis vim tempestatis effuge- « rint, in portumque salvi pervenerint? Ita sit, inquifc; « illi enim nusquam picti sunt, qui naufragia fecerunt, c< in manque perierunt \ »

Mais ce que l’on n’a pas suffisamment remarqué, c’est (ju’il existe encore aujourd’hui des preuves sensibles de la parenté que les anciens établissaient entre la religion d’Éleusis et celle de Samothrace, des monuments où l’union de ces mystères paraît avoir été clairement symbolisée. Jetez les yeux, en effet, sur ce magnifique bas-relief du Musée Pie-Clémentin^ représentant l’enlèvement de Proserpine, et vous y verrez figurer précisément toutes les grandes divinités que vous avez vues adorées dans la Samothrace : Rhée, Gérés, Pluton, Proserpine, Mercure, Hécate. Il n’y a de plus sur le monument que Minerve, qui n’était pas sans liens

1 . De Nat. D., III, 37. — Tout le sel de cette réponse se trouve dans enim : je remarque si bien, répond le philosophe, ceux qui ont été sauvés, que j’en suis réduit à ne remarquer que ceux-là ; car- on n’a peint nulle part ceux qui, après avoir fait des vœux,

« ont péri misérablement. Mais qui m’assure que le nombre de ces derniers ne serait pas supérieur, ou tout au moins égal?

L’abbé d’Olivet a fait un commentaire plutôt qu’une traduction, quand il a fait dire à Diagoras : a Je vois les sauvés, mais ceux qui « ont fait naufrage, où les a-t-on peints ? » Dans l’original, la pensée et le trait satirique sont à demi voilés ; et c’est ce qui en fait la finesse ingénieuse et piquante.

avec nos raétallurges, mais qui ne fut point comprise dans la religion de l’île sainte.

Voilà ce que j’avais à dire du sanctuaire de la Samothrace, et le peu d’histoire que j’en ai donné s’ajoute naturellement à l’histoire des métallurges, l’explique et la complète. Dans cet ensemble de faits partant d’un même principe, s’enchaînant par de régulières déductions et aboutissant à une meme fin, il est impossible de méconnaître une doctrine religieuse fondée sur la découverte et le premier usage des métaux, comme celle d’Eleusis l’était sur l’invention et la première culture du blé. Dès lors, nous n’hésitons plus à croire que nous avons remis en lumière les mystères de la mélallurgie cachés sous le nom des mystères de la Samothrace, et que nous avons renoué les liens qui unissaient ce dernier sanctuaire à celui d’Eleusis. Et ne serait-il pas étrange, en effet, que de deux inventions qui tenaient étroitement l’une à Faulre, on eut négligé la plus ancienne et, à la rigueur, la plus utile? Non, les hommes ne se montrèrent point ingrats envers les auteurs de cés généreuses découvertes. La superstition abuse de tout; mais descendez au fond de ces extravagances, et vous trouvez un sentiment qui honore l’humanité et qui la fait absoudre de tous ses travers : la reconnaissance pour ses premiers bienfaiteurs, pour ceux qui lui enseignèrent les arts nécessaires à la vie.

Strabon dit en commençant cette savante digression, qui a soutenu et alimenté notre travail : « C’est un « genre d’étude qui appartient tout entier à la théolo- « gie, et qui n’est point étranger à la méditation du V philosophe. — "'Eazi Tuaç 6 toio’jtoç TpoTuoç tviç

a è^tcrîte^j/ÊfdÇ, >tai oùx a\>.0Tpi0(; Toij ^iT^ocro^poi) Ostopia;*. «

L’histoire de nos métallurges n’est, en effet, que le tableau de la bienfaisance des dieux envers les hommes et de la reconnaissance des hommes envers les dieux. Mais cette première méditation sur nos rapports avec l’infini en fait naître bientôt une seconde, et le philosophe considère comment de l’idée de cause l’homme s’est élevé progressivement jusqu’à la cause absolue, pour lui tout rapporter.

FIN DE l’histoire DES GENIES MÉTALLURGES.

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