‹ Les métaux dans l'antiquitéChapitre 117 sur 248 · ÉT DE PLUSIEURS AUTRES MOTS ANALOGUES · texte numérisé non relu

ÉT DE PLUSIEURS AUTRES MOTS ANALOGUES

Il est à présumer que plusieurs de mes lecteurs, dans le cours de cette histoire, se seront souvenus que l’Académie française donne métallurgiste^ au lieu de métal lur ge ^ que j’ai constamment employé ; et comme il se pourrait que quelques-uns d’entre eux me soupçonnassent d’avoir cédé à la tentation de faire du néologisme, je vais exposer dans un court Appendice les raisons qui m’ont déterminé à choisir l’un plutôt que l’autre de ces deux mots.

J’avoue que, pour écrire métallurge ^ je n’avais point ouvert le Dictionnaire de l’ilcadémie', je sais trop par une longue expérience que l’Académie, qui devrait guider aussi, ne fait que suivre, qu’elle ne contrôle pas, mais qu’elle enregistre, et que le mot qu’on lui offre avec persistance, elle finit par l’accepter, sans examiner ni la qualité ni l’origine. J’avais donc consulté une autorité plus sûre et plus respectable que la sienne ; l’analogie et la règle de formation suivie par notre langue.

Métallurgie est un mot purement grec, et qui, dans les deux langues , a la même signification : l’art de mettre en œuvre les métaux. Mais on sentit l’inconvénient de recourir à une périphrase toutes les fois qu’il s’agirait de désigner celui qui s’occupe de cet art, et l’on songea à faire un substantif. La langue qui avait fourni métallurgie offrait à sou-

hait le substantif désiré, c’était [A£TaX>^oupYoç. Il n’y avait qu’une simple désinence à changer pour s’approprier le mot ; on fit ce changement, et l’on crut avoir francisé (jf-staX- Xoupybf; en produisant métallurgiste. Mais la formation de métallurgiste régulière? est-elle légitime? Pourquoi

pas ? demanderont les industriels et les demi-savants, qui ont forcé la main à l’Académie française. Pourquoi pas? parce qu’il y a des lois qui régissent la langue, comme il y a des lois qui régissent la nature, et que ces lois se trouvent ici violées.

Dans tous les mots que notre langue a tirés du grec et du latin, c’est-à-dire dans l’immense majorité de ceux qui composent son vocabulaire, elle a suivi des règles plus rigoureuses qu’on ne pense. Quelle que soit la nature du mot qu’elle emprunte, qu’il soit simple ou composé, elle consulte toujours les langues primitives pour y conformer sa composition et ses désinences.

Ainsi l’on peut affirmer que la plupart des noms terminés en en^ ien et in viennent de primitifs latins terminés principalement en us., un certain nombre en um., et quelques-uns en is. Il serait trop aisé, et par conséquent superflu, d’apporter des exemples.

Passons à une classe de mots assez nombreuse et d’une étude un peu plus complexe, aux mots terminés en iste., et exprimant une habitude, une profession, un métier.

Il est à remarquer d’abord que tous sont tirés du grec ou de formation indigène, du moins quant à la désinence; ainsi, de diurnus.,jour., puis journal^ et, en ajoutant la terminaison iste., journaliste ^ de Latinus., latin., et, en ajoutant la terminaison iste., latiniste, celui que Montaigne appelait latineur'^\ de pub lie us, public, et en ajoutant la terminaison iste, publiciste, etc.

Une seconde remarque, c’est que les mots grecs de cette

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