Essais, I, 25, t. II, p. 54, éd. Froment
terminaison se rapportent tous à un verbe en iÇco, et ont le même sens qu’en français.
Maintenant, comment notre langue s’est-elle conduite à l’égard de ces mots tirés du grec ? Fort souvent elle les a reproduits intégralement ' ainsi , apologiste , régulièrement tiré de aTco>.oYtCojxai • mythologiste et mythologue ^ dont les deux formes sont légitimes , en vertu de et de
XsYw ; psalmiste^ du latin psalmîsta^ mais qui suppose <];aXdont la grécité me paraît suffisamment garantie par saint Jérôme \
Quelquefois cependant elle semble s’être montrée un peu moins docile à imiter son modèle; mais on s’aperçoit bientôt qu’elle a cédé à quelque contrainte. Ainsi, anarchie est le mot grec avapj^i'a ; mais anarchiste trouble tous les rapports d’analogie. Le grec ne connaît point de verbe àp)(^i'^03, il n’a que ap)(^w, d’où il a fait avap'/^oç pour exprimer l’idée à'anar^ chiste ; mais le français pouvait-il se résigner à recevoir anarqueP Non sans doute. Laissons de côté la dureté sourde du mot, anarque eût été véritablement inintelligible. Je le dis, sans oublier que Rabelais en a fait plaisamment usage, pour nommer ainsi le roi des Dipsodes : « Le roy y est en « personne, et nous le nommons Anarche, roy des Dipso- « des^. » Passage, du reste, où il a pris, assez plaisamment encore, Anarche dans le sens de privé de royaume.
Je ne parle point de lithotomiste . La nomenclature médicale de ces derniers temps accuse trop souvent le défaut de savoir, de méthode et de critique, et laisse surtout à désirer pour les termes relatifs à l’opération de la taille ; la remarque en a été faite par de doctes médecins*. Ici les nomenclateurs ont voulu suivre le grec, mais ils en ont fait une fausse appli-