‹ Les métaux dans l'antiquitéChapitre 119 sur 248 · II, 26, t. IV, p. 20, éd. Dalibon · texte numérisé non relu

II, 26, t. IV, p. 20, éd. Dalibon

3. Dictionnaire de Médecine^ article Taillef Dictionnaire des sciences médicales, article Lithotome,

cation. Les Grecs appelaient l’opération Xt6oro[xia, l’opérateur XtOoTop; et l’instrument )^t6oTO[jt.ov, marquant par la distinction des genres la différence des deux derniers noms. Les nomenclateurs ont retenu lithotomie pour l’opération, lithotome pour l’instrument, et imaginé lithotomiste pour l’opérateur. C’était lithotome qu’il fallait appeler l’opérateur, et désigner l’instrument d’un nom particulier, si l’on tenait à lui donner un nom.

Lithotomiste appelle inévitablement anatomiste^ et semble soulever la même difficulté au sujet de ce dernier mot; mais il ne faudrait pas s’y tromper, c’est du latin anatomia, et non du grec avaTo^x-J), que notre langue a dérivé directement anatomie^ ce qui lui laissait toute liberté de former anatomiste.

Qu’il me soit permis de justifier encore un mot, qui semble doublement barbare, c’est minéralogie. Il fallait de toute nécessité un mot pour désigner le lieu d’où l’on extrait les minéraux , un mot pour désigner les corps extraits de ce lieu, et, plus tard, un mot p’our désigner la connaissance raisonnée de ces corps et des procédés de leur extraction. Ce n’est qu’au douzième siècle que nous voyons paraître dans le latin barbare de l’époque minera et mineria^ pour signifier ce que nous appelons mine., minière ; mais on peut, je crois, relever et ennoblir cette origine. Les Romains appelaient les endroits d’où ils extrayaient le minium., miniariæ ; c’est là le nom particulier qui paraît avoir engendré plus tard minera et mineria^ et être devenu le nom générique de mine et de minéral., d’où ont été tirés ensuite minéralogie et minéralogiste. Mais ces dernières formes, en accouplant un mot latin à un mot grec, ont produit un hybride. Il ne faut pas sans doute engendrer les mots hybrides à plaisir, mais il ne faut pas non plus les éviter à tout prix : bientôt , lorsque nous nous occuperons du métal que les anciens appelaient Orichalque , nous aurons occasion de montrer que les Romains eux - mêmes s’accommo-

daient assez bien de cette espèce équivoque, Quintilien nous l’atteste * .

Je tiens surtout à montrer que notre langue a toujours été sagement disciplinée, et qu’elle n’a commis des écarts qu’à son corps défendant. Venons à l’espèce de mots qui nous intéresse plus particulièrement.

La langue grecque possède un assez grand nombre d’adjectifs composés de deux mots, dont le dernier est spyov ; ces' adjectifs sont tous terminés en yo?? et ont presque tous un féminin correspondant en yia : à(ji.TO>.oupYoÇî qui travaille à la vigne ^ à[i.7T£}voupYia , travail de la vigne. Notre langue a fait plus d’un emprunt à cette classe ; mais ici , peut-être plus encore que partout ailleurs, elle s’est montrée rigoureuse observatrice de la règle. Comme elle ne pouvait supposer un verbe Ipyi^w, qui n’exista jamais en grec, elle a toujours évité la terminaison en iste^ et s’est toujours conformée à la terminaison en urge.

Ainsi, démiurge est l’exacte reproduction de Sy)[xtoupYoç, qui désignait tantôt le Démiurge suprême, le Créateur de l’univers, tantôt les principaux magistrats de certains peuples de la Grèce.

Ainsi, thaumaturge., le faiseur de miracles., est exactement moulé sur ÔauixaToupyoç.

Ainsi, lorsque Rabelais veut désigner d’un mot qui soit à la fois un nom et un portrait le vrai héros du Pantagruel., il traduit l’adjectif Travoupyo?, et appelle le personnage Pan~ urge.' C’est que Rabelais savait son grec, cette langue « Sans laquelle, dit-il lui-même, c’est honte qu’une per- « sonne se die savant^. »

Mais citons un exemple où notre langue semble avoir fait elle-même sa déclaration de principes par une distinction aussi judicieuse que nettement marquée : c’e^t dramatiste et

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