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aux anciens eux-mêmes, el dont le nom exerça sur les imaginations un tel prestige, qu'on ne put se résigner à le laisser dans le domaine de la fable, et qu’on l’appliqua tantôt à un alliage de cuivre, tantôt au cui-^ vre pur, lui communiquant une vitalité qui lui a fait traverser les siècles de la décadence, et l’a transmis jusqu’à notre propre langue.
Ces assertions, pour avoir quelque valeur, deinan^ dent à reposer sur des faits ; aussi fournirai-je des preuves et de plus d’une sorte. Et d’abord, s’il me faut combattre l’opinion des anciens , je puis , d’un autre côté, m’appuyer du témoignage de plusieurs d’entre eux, et parmi eux, des meilleurs raisonneurs comme des juges les plus experts. Je puis montrer ensuite que l’oriclialque n’eut jamais dans la nature de matière correspondante; en troisième lieu, j’alléguerai l’exemple d’un nom composé d’éléments analogues, imaginé pour le même besoin, et donné à une substance tout aussi chimérique.
J’ai dit que je pouvais m’appuyer sur des témoignages anciens et des plus respectables pour nier l’existence de l’oricbalque ; écoutons, eu effet, le scboliaste d’Apollonius de Rhodes : « ’Opstya'Xxoç*
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a jx^>cTw^ — Orichalque, espèce de cuivre, appelé ainsi « d’un certain Oreius, qui en fut l’inventeur. Aristote, « dans les Mystères, assure que cette espèce de cuivre « n’existe ni de nom ni de fait. Quelques-uns présu- « ment , en effet , qu’on parle bien de Forichalque, c( mais qu’il n’existe point ; et que c’est encore une de « ces choses inventées à plaisir. Cependant les curieux « qui ont fait des recherches plus approfondies pré- « tendent que ce n’est point une fable. Stésichore et (c Bacchylides en font mention ; et Aristophane le (c grammairien l’a remarqué. D’auti es disent que c’est a le nom d’un statuaire ; de ce nombre est Socrate (f ainsi que Théopompe, dans le vingt-cinquième livre « de ses Philip piques. Voilà ce qu’on trouve dans le « Glossaire comique mêlé. »
Cette scholie si savante et si curieuse est tirée, à ce qu’il paraît, textuellement du Glossaire des mots comiques de Didyme , qui avait composé également un Glossaire des mots tragiques. La mention du premier ouvrage se trouve dans le lexique manuscrit cité par Buhnken^ : « yàp d sv
« T. \. » La mention du second nous est fournie par Harpocration : « 'Oç Ai(^u[xoç sv six-oct'^ dy^dr, Tpayty/^ç (( ‘X6^ecoç^ » Je reviendrai bientôt sur l’inventeur ou le statuaire Oreius ; ne nous occupons pour le moment que de ce qui est dit de Forichalque, et afin de tirer de cet extrait toutes les lumières qu’il renferme, commentons-le dans le détail.
Quel est d’abord cet ouvrage que Didyme appelle