‹ Les métaux dans l'antiquitéChapitre 140 sur 248 · Ad · texte numérisé non relu

Ad

« tièl’e aifiisi appelée, qui ne se trouve pas à pré- « sent. »

. Le grand Étÿitiôidgiqüe et Zoiiàràs offrent là ttiêhie glosé; le detnier avec la variàote dé xaT^oupLsvbv^ aii lieu de ‘/ialouJA^VVÎÇ

De ee que nous venons d’entendre il suit déjà que parmi les ândens les uns niaient absolument l’existence de l’otiehalqUe; qUé les autres radinettaient pat égard pour les fables de la poésie plutôt qüe par conviction j et que tous ignoraient tie que fut le préteiidü métal. C’est le moment de montrer qu’etï effet, l’orichalqllé, à le juger par les notions que les anciens eüxmêmesnous ont laissées, ne peut être qu’une création fantastique.

Je ferai d abord fetiiatquef i’àdféssë des premiers inventeurs qui, pour- soUstraifé leur objet à là curiosité de l’espritj et le mettre à jamais sous réUipire de rimagination^ le désignèrent par le nom à la fois le plus générique et le rtlôins Significatif, l’appelant cuivra de montagne. Toutes les mines métalliques, en effet, se trouvent généralement au sein des montagnes, et cela est rigoureusement vrai de celles de cuivre ; en sorte que tout métal de cette espèce serait de l’orichalque aü même titre. Peut-être cependant est-il arrivé ici ce qu’on a vu ailleurs, le nom générique s’est-il fait nom propre pour, désigner une espèce par excellence. Mais, dans ce cas du moins, a-t-on fait connaître la mine d’où s’extrayait ce cuivré supérieur ? A-t-oii indiqué le lieu où il fut mis en œuvre? Nul renseignement à cet égard. Voyons alors

les caractères distinctifs qu’on a prêtes à l’orichalqiie.

L’auteur de l’hymne homérique à Vénus nous a dit, en parlant de l’ornement que les Heures attachent aux oreilles de la déesse : « Parure d’orichalque et d’or U précieux. » Que faut-il croire de cette substance, qui a le pas sur l’or, et qui sert a former un bijou de Vénus ? Platon nous l’apprendra peut-être : u L’ori- « clialque, dit-il, le plus précieux des minéraux après « l’or. » Ici l’orichalque est entre l’or et l’argent ; mais quel est, demandons-nous encore, ce métal intermédiaire ? Apollonius de Rhodes ne sera guère plus clair : il est vrai que la houlette d’orichalque de Lampétie est nommée après la houlette d’argent de Phaéihuse, et que les bœufs qui précèdent les jeunes filles, ont des cornes d’or, en sorte que la gradation serait l’or, l’argent et l’orichalque , et qu’ici l’orichalque toucherait au cuivre par son rang. Mais qui ne voit que les deux sœurs ont dû être traitées avec les mêmes égards, et que le poète, loin d’établir entre elles aucune différence, s’est réfugié , au contraire, dans le vague de l’orichalque pour prévenir toute comparaison ? L’exemple de Callimaque semble vouloir s’expliquer plus nettement : il nous dit que Pallas ayant dédaigné de se mirer dans Yorichalque^ Vénus ne négligea point ce soin, et prit le cuistre resplen- (lissant. Comme il ne peut être question que d’un seul miroir, ou tout au moins de deux d’une même matière, il s’ensuit que l’orichalque a dans cette circonstance le simple cuivre pour équivalent ; et ce qui persuade que le* poète ne les distinguait pas , c’est que les anciens firent souvent leurs miroirs de ce der-

nier métal, témoin ce beau vers d’Eschyle, conservé par Stobée :

KotTOTCTpov eioouç )(aXxoç i(jT\ oîvo; Sk vou*.

« Le cuivre est le miroir du corps, et le vin celui de (( l’esprit. » Et cet autre de Nonnus , quand il loue la IVymphe Béroé dont la beauté n’empruntait rien à l’art :

Ou àvTiTUTTOto SiauYsï (/.apTupi yaXxSi

Mip(.Y)X^<; lysXaffGSV Iç auvocv sTSoç Ôttwtcîîç K

(( Jamais devant le cuivre resplendissant, ce témoin « qui réfléchissait la forme de son corps, Béroé ne « sourit à l’image inanimée de sa figure reproduite. »

Mais cette synonymie , au lieu de résoudre la difficulté , la complique. Elle met d’abord Callimaque en contradiction avec tous les écrivains que nous venons d’entendre ; elle confond ensuite deux substances regardées comme essentiellement distinctes ; enfin elle nie l’existence de la chose sans expliquer la présence du nom. Tenons compte toutefois de cette assimilation, que nous aurons bientôt à rappeler.

Ce sont là toutes les notions que nous fournissent les plus anciens écrivains qui ont parlé de Torichalque; il serait inutile de demander après cela le sentiment des grammairiens, qui n’ont fait que reproduire ces passages en guise d’explication. Ainsi Hésychius qui a signalé les divers sens que reçut le mot orichalque, a commencé par nous dire que c’était un cuivre resSem-

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