De Ferh. sign,, V. Aurichalcum
^2. Il y a ici équivoque : le grec semble dire que le statuaire s’appela ; mais un pareil composé ne peut avoir formé
Cp qui signifia, qu’Oreiiis, selon te uns, était l’invenr teur de l’oriehalqqe, seloq Jes autres, le sfatuaire, qi}i l’avait proj^ablement mis en ceuyre le premier, et , dans l’un ou l’autre cas, le personnage qui donna son nom à ce métal , appelé de là 6p£i)(^a^xoç , ou çuwr$ cl^Oreiiis^ ’Opetou jcCkY.6<;.
k laquelle de ces deuy étymologies, de cuivre de montagne oq cuivre Or eius, doit-on donner la prév férençe ? La première me paraît incontestablement la plus raisonnable et la plus plausible ; je ne craindrai même pas de dire que cet Oreius n’est à mes yeux qu’un être purement fictif. Mais la question de logique et de grammaire décidée, reste la question de l’bis' toire de l’art, qui mérite une attention sérieuse.
Les arcbéojogues mpdenies opt tops passé sous sL lenpe lo statuaire Oreius. Si cette omission est volontaire, il la leur faut reprocher comme WU tprt. Il n’est point loisible d’pmettre un fait attesté par des autorités graves ; on peut lui refiiser sa créance , mais on est tenu de lui accorder une mention. Or, l’existepce d’Oreius repose sur le témoignage de Socrate et de Théoppmpe. Quel est ce Socrate? U y eut plusieurs personnages de ce nom , indépendamment du grand philosophe ; je crois qu’ici c’est Thistorien que Diogène de Laerte mentionne immédiatement après le maître de Platon, et a qui il attribue une Périégèse d' A rgçs : Pf-
« yov£ âè SoxpaTYis xal £T£po;, iGToputoç, Il£pr/iY£c»iv ^pyotx;
a yeyp(Z(pw^^ » La place qui est assignée par Diogène
un nom propre. Assurément le grammairien songeait à rapprocher les deux phrases où il donne l’étymologie d’orichalque, et il y attachait le sens que nous avons développé.
à cet historien, et celle que Didyme lui donne avant Théopompe, semblent annoncer qu’il suivit de près le fils de Sophronisque, et qu’il a du par conséquent fleurir entre 399 et 360 avant le Christ. Quant à Théopompe, nous verrons plus bas qu’il s’était, dans sa grande histoire, spécialement occupé de l’orichalque.
De gré ou de force, Oreius doit donc obtenir une place parmi les artistes de l’antiquité. Mais faut-il dire ma pensée tout entière? Selon moi, ces sortes d’existences dont la réalité peut à bon droit paraître suspecte, méritent d’ètre enregistrées dans l’histoire de l’art tout aussi soigneusement que celles qui sont bien avérées. Quelle en est la raison? C’est que si le nom d’un artiste meme obscur, mais authentique, enrichit d’un fait précieux l’histoire du passé, en ajoutant un acteur de plus à la scène de la vie, et en devenant une source de renseignements et de lumières, les fictions dont je parle constatent une loi de l’esprit humain, une disposition particulière de l’antiquité , et peuvent en mainte rencontre avertir et guider la -critique. Le cas actuel nous fournit une application des plus frappantes, et met dans tout son jour une tendance naturelle au génie grec. Quand l’abstraction, l’obscurité, une cause inconnue quelconque les gênait, les Grecs se mettaient à l’aise, en inventant un personnage, ou plutôt en personnifiant une étymologie. Ainsi en agirent-ils à l’égard de l’orichalque, et de là naquit sans doute le fictif Oreius. De pareilles créations ne sont pas rares dans l’histoire de l’art; elles sont même beaucoup plus communes qu’on ne semble l’avoir cru, et forment une légende aussi attachante et non moins instructive que l’histoire réelle.