SUR LA TREMPE QUE LES ANCIENS DONNERENT AU CUIVRE
Buffoii, avec son grand sens, et en voyant les seuls usages que les anciens firent du cuivre, avait très-logiquement conclu qu’ils possédèrent le secret de donner à ce métal une dureté particulière. « Les Egyptiens, les Grecs et les Ro- « mains, dit-il, savaient donner au cuivre un grand degré « de dureté, soit par la trempe, soit par le mélange de • « l’étain ou de quelque autre minéral, et ils rendaient leurs « instruments et leurs armes de cuivre propres à tous les « usages auxquels nous employons ceux de fer L »
Mongez, dans ses Mémoires sur le bronze des anciens^ a essayé de réfuter l’opinion relative à la trempe, et bien qu’il l’ait fait avec une faiblesse qui nous dispenserait de le réfuter à notre tour, nous allons examiner rapidement ses raisons, et les détruire en quelques mots.
Le savant académicien élève deux difficultés contre la trempe du cuivre attribuée aux anciens ; la première, c’est que par la trempe, ils auraient amolli le métal, au lieu de le durcir ; la seconde , c’est qu’aucun de leurs écrivains n’a mentionné une semblable opération : « Si les anciens, en «< effet, dit-il, avaient trempé le cuivre, comment serait-il « arrivé que leurs écrivains eussent gardé le silence sur un « procédé aussi utile pour les arts ^ ? »
A la première de ces difficultés, je n’objecterai pas que le comte de Gaylus fit faire par le chimiste Geoffroy des essais