‹ Les métaux dans l'antiquitéChapitre 148 sur 248 · Eut, nat.^ article du Cuhre · texte numérisé non relu

Eut, nat.^ article du Cuhre

Mémoires de la Classe de Littératufe et lîeaux-arts de Pînstitut, t. V, p. 208.

qui, au dire de celui-ci, réussirent*assez bien : « J’ai cherché, « dit Geoffroy, à imiter pour la dureté et pour le tranchant « une épée romaine, et je* Crois n’y avoir pas trop mal « réussi dans celle que j’ai remise à M.le comte de Caylus

Je me ëotitériterai de répondre qii’en opposant une expérience moderne à une expérience antique, sans tenir compte des circonstances qui purent accompagner cette dernière (et l’on sait de quelle importance sont en {)areil cas les circonstances accessoires) , Mongei, a comparé le connu à l’inconnu, ou rapproché deux termes, dont l’un est illusoire.

Quant à la seconde objection; ce sont les anciens euxmêmes qui se chargeront d’y faire une réponse péremptoire ; ils attestent que la haute antiquité sut donner au cuivre , à l’aide de la trempe , une dureté qui le rendait propre aux memes usages que le fer.

Proclus , dans un passage déjà cité , à propos des vers d’Hésiode, dit : « Le poète nous montre que les hommes, « dans cette génération, exerçaient la force du corps; et « négligeant le reste ; s’occupaient de la fabrication des « armes , et pour cet usage, se servaient du cuivre, comme « du fer pour l’agriculture, donnant par une trempe parti- « culière de la dureté à ce premier métal, qui est mou de <c sa nature ; mais que cette trempe s’étant perdue , ils en « vinrent aussi à l’emploi du fer dans les combats. — - Ay]XoT ott

« TtOV C703pt,ÛtTt0V V/]V pO)[XY)V 7](JX0VV 01 £V TOUTW TW ySVSC, TWV 0 aÀAWV « à[X£);OUVT£Ç, TTEpl TYJV TWV ÔuXwV XaTa(7X£U7)V SlizpiêoV, Xal TÎp /^aXxw « Tcpoç TOUTO Ij^pwvTO, wç TW (TtSTipw TTpoç Yswpyiav, ôtct Ttvoç t6v

« J^aXxOV (7T£pp07r0t0UVT£Ç, 0VTacpU(7£t pt,a)^aXOV lx}vt7COU(7Vlç8£T9]Ç M £7i:i TTIV TOU alSvipou xal Iv toTç TCoXspt-OtÇ J^pvifftv IXÔEÎV^. »

•1. Recueil d’ Antiquités de Caylns, t. I, p. 239.

2. Il y a dans ce passage de Proclus une difficulté fort embarrassante, que pérsonne, je crois, li’a signalée jusqu’ici.

Proclus fait dire à Hésiode que les hommes de cette génération usaient

Tzëtzès , dd son côte , interfrétant les itiêiicies vëfs, ïloüs dira : « Anciennement les hommes se séi’tàië'nt ët d’alritlurës «c et d’épées et d’instruments aratoires de cuivre;, durcissant « le métal de ces objets atl moyen d’une trempe particu- « lière. Mais la trempé^ qui donnait cette durëté au Cuivre,

« s’étant perdue, nous nous servons du fer. — XaXxoTç to Tta- « Xaiov xal oVXotç, xat xal IpyaXsiotç Ij^pGjvTo,

« Tivi TaUTa (7T0[J!.0UVT£Ç. A7üo)vXu[/,£VV]Ç §£ TY]Ç ffTO{/,OU(JY)Ç TOV

« *XOV, Xpélp'-SÔa TW ClâT^pw. »

Un autre commentateur d’Hésiode, Moschopule, s’exprime dans des termes semblables : « C’est à l’aide du cuivre que « les anciens exerçaient les travaux de l’agriculture, durcis- « sant ce métal au moyen d’une trempe particulière. — Atà « TOU yaXyiou Ta yswpYixà Epya stpya^ovTO, Stà Ttvoç Pacpyjç <7T£ppo- « TrOtOUVT£Ç aUTOV. 3»

Remarquons, avant d’aller plus loin, la façon de parler dont se seryent tous ces interprètes : ôta Ttvoç pacpvjç, au moyen d^une certaine trempe; n’indiquent-ils point par là que l’o- ■ pération avait dans ce cas quelque chose de particulier? que c’était une trempe non ordinaire? Et voilà précisément une de ces circonstances accessoires que nous supposions tout à l’heure, et dont Mongez n’a tenu aucun compte.

Des commentateurs d’Hésiode passons à celui d’Homère. On sait que le poète a parlé de la trempe du fer comme d’une pratique déjà vulgaire de son temps. C’est dans cette

du cuivre pour les armes comme du fer pour Tagriculture, et il confirme ce sens en ajoutant : oc Mais cette trempe s’étant perdue, ils en vinrent « aussi à se servir du fer dans les corrlbats (comme ils s’en sefvaiént déjà ff dans la culture des champs). » Or, le poète dit positivement qu’on n’employait alors que du cuivre pour les armes et pour l’agriculture. D'où peut donc venir Terreur du commentateur ? Il faut qu’il ait parlé pour son compte, et non plus pour celui du poète.

Barthélemy, qui a eu occasion de citer et de traduire le passage de Proclus, dans le Mémoire que nous avons cité plus haut, a supprimé le membre de phrase embarrassant, et accommodé le sens général à cbtte suppression, ce qui prouve qu’il avait senti la difficulté..

comparaison si connue , où il décrit tout ensemble et met l’action sous nos yeux ;

8’ St’ âvTjp y^aXxsuç ;riXsxuv [J-^yav, a'/i::apvov,

Eiv u8axt ']>ux pw pdcTctst p-sydcXa tdc)(ovTa,

^appLaaawv (xb yocp abxe aibTjpou xs xpàxoç eaxiv)*.-

« De même que, lorsqu’un homme adonné au travail des «c métaux , plonge dans l’eau froide une grande hache ou « une cognée, qui siffle avec violence , lui communiquant « une vertu particulière (car c’est encore une nouvelle force « pour le fer lui-même). »

Toutefois, ce n’est point à propos de cette trempe qu’Eustatlie nous parle de celle du cuivre, mais interprétant ce vers de ï Iliade : nspi yap pa I ^aXxbç il nous dit: « Le poète « donne au fer le nom de cuivre, à cause de l’emploi que « l’on fit anciennement de ce dernier métal, lorsqu’on le « trempait pour l’appliquer aux mêmes usages que le fer, « et que les hommes, comme le dit Hésiode, travaillaient la « terre avec le cuivre, et que le fer noir n’existait pas.— XaX- « xbv û£ Tov (Ti'Svjpov Xlyet, Stà xrjv xràXat 'TCOts )(p^<ytv xou ^aXxou, « Ô7i7)vixa £Îç (7t§7ipou )(^p£tav lêaTCTSTO, ors xai j(a'Xxw, xaxoc xov *Haio- <c oov, sîpya^ovxo avOpwTiot, [xeXaç o’ oux saxe ffWT^po;^. »

Et plus loin : « Il fut un temps où le cuivre était durci par

la trempe, pour servir à la fabrication des armes.' — ’Hv « yocp ox£ yjxXxoç paviTOpcEvoç laxopcouTO Tcpoç OTxXa®. »

On peut citer encore un passage^de Pausanias, qui, sans nous apprendre l’effet qu’on se proposait d’obtenir par la trempe du cuivre, n’en constate pas moins l’emploi du procédé, et condamne une fois de plus l’assertion si imprudemment absolue de Montez. Parlant de la fontaine Pirène à

Corinthe : « On raconte, dit le Périégète, que l’airain de « Corinthe est plongé dans cette eau, tandis qu’il est encore

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