De Nnt. /)., III
. Dans le même passage, s’appuyant sur l’autorité de Sophocle, qui faisait les Dactyles Phrygiens, comme nous l’a appris plus haut le scholiaste d’Apollonius de Rhodes, Strabon nous dit ; « Sophocle pense que ce « furent les cinq premiers Dactyles mâles qui décou- « vrirent le fer et le mirent en œuvre les premiers, et à qui l’on dut aussi beaucoup d’autres inventions cc de celles qui sont utiles à la vie, et qu’ils eurent cinq
« sœurs, et qu’à cause de ce nombre on les appela « Dactyles. ■ — • 2o<po/-‘X'^ç oÏstou tusvts toùç TrpwTouç « apcsvaç yevscÔai, oi ct^vipov t£ sÇeijpov x.ocl £ipya(javTo xpÔTOi, « y.al alla 77ollà twv TTpoç tov ptov y p7ic((xcov’ xsvts y.a\ « à2e,l(^aç TouTwV aîro tou apt-Gpiou Aax.Tu>.ouç x>/iOvivat. » Nous avons entendu également Diodore de Sicile nous dire, à propos de l’Ida Phrygien : « On rapporte « que c’est aussi sur celte montagne qu’existèrent les (( Dactyles Idéens, ceux qui travaillèrent les premiers « le fer, ayant appris cet art de la mère des dieux. » Dans tout autre sujet, il suffirait, pour garantir la vérité, d’alléguer de pareils témoignages ; mais ici les faits ont une double relation : ils tiennent à l’iiistoire et à la géologie, et, pour les prouver, il faut montrer gon-seulement qu’ils se sont passés en tel endroit, mais que cet endroit les a provoqués et les explique ; et cela, non pour avoir pu leur servir de théâtre par sa position et sa configuration, mais pour leur avoir fourni de son sein l’aliment et la matière. Par là sans doute la tâche de fliislorien se complique d’une difficulté toute nouvelle ; mais, d’un autre côté, l’on sent quelle doit être la solidité d’une preuve que confirment à la fois la nature et f histoire. Et peut-être jugera -t- on que ce n’est pas trop de ce nouvel auxiliaire, si l’on
songe que nous avons à établir des faits qui semblent, trop souvent imaginaires, et n’avoir pu se passer que dans une région idéale. En suivant donc les Génies métallurges à la trace, après avoir appris de Tbistoire les noms des lieux où ils firent leur résidence, nous demanderons à la géographie la raison physique du choix de ces lieux.
Ce serait lemomentde faire voir combien la Phrygie, à cause de sa fertilité en métal, fut convenablement choisie pour être le berceau des Dactyles et de leurs frères; mais je renvoie ce développement à l’article des Cabires. Comme les mêmes circonstances se reproduisent dans rbistoire de nos métallurges, et qu’on les fait aussi résider dans les mêmes endroits , j’ai cru devoir répartir ces détails entre les divers articles, afin de n’en pas trop surcharger quelques-uns.
Après la Phrygie, le pays qui réclamait avec le plus de droit le privilège d’avoir donné naissance aux Dactyles, c’est la Crète, avons-nous vu ; mais la Crète disputait aussi à la Phrygie l’invention des métaux, et c’est aux Dactyles qu’elle faisait honneur de cette découverte. La découverte des métaux forme une date solennelle dans l’histoire de riiumanité, et l’on n’e§t point surpris de voir les chronographes de l’antiquité faire de cet événement une époque.
Le rédacteur de la Chronique de Paros nous dit : (( Depuis que Minos, premier du nom, régna et fonda « Cydonie, et que le fer fut découvert sur l’Ida, les i< inventeurs étant les Dactyles Idéens Celmiset Dam- « naménée, sous le règne de Pandion, roi d’Athènes, « il s’est écoulé onze cent soixante-huit ans. — Av. « J. C. 1432. — ’A(p’ ou Mtvwç ô -TrpwToç êêaGileuce, zal
« Ku^wviav (î)y,iG£, zal sapsGvi £v 'z^n '3^7], eOpovTOJV
(( Twv ’l^aiojv AaxTuXwv, KA[xioç zal Aa[J.vapL£V£Wç, stv) « XHlÂIAniII, |3a(7t.l£uovToç ’AÔtivwv llav^tovoç^ »
Eusèbe, dans sa Chronique^ place les Dactyles Idéens sous le règne d’Erichthonius, £<p’ ou Aa/-Tu7^ot., en-
viron 1 500 ans avant Fère chrétienne ^
Hésiode, nous l’avons entendu, faisait inventer le fer par les Dactyles, dans la Crète.
Diodore de Sicile, parlant d’après les historiens de la Crète, poursuit ainsi, à la suite d’un passage déjà cité : « Ce qu’il y a de sûr, c’est que d’après la tradi- « tion, ce furent les Dactyles Idéens de la Crète, qui « découvrirent l’usage du feu et la nature du cuivre c( et du fer, ainsi que l’opération par laquelle on obtient « les métaux. — Ôl oùv y,aTa tviv Kpv]V/iv ’l^aioL c( Aa/.TuT^oi 7rapa^£^ovTat. T'év T£ tou TTupoç « xal ca^Tjpou cpuaiv £$£up£‘Tv, xal T'^v IpyaGiav â“t’ ^t\ç,
ce x,aTaG'/,£uaÇ£Taé'’, »
Si les auteurs de l’antiquité, et surtout les historiens crétois, ont fait découvrir les métaux dans la Crète, c’est que cette île possédait nécessairement des mines. Cependant l’histoire ne nous apprend pas positivement que la Crète ait été riche en métaux ; mais les traditions mythiques suppléent souvent à son silence. Une autre preuve que nous avons maintenant de l’existence de ces mines, et qui équivaut pour moi à une affirmation de l’histoire, c’est le séjour des Dactyles en Crète. Telle est l’affinité de nos métallurges avec les métaux que les mines produisent sur eux l’effet