‹ Les métaux dans l'antiquitéChapitre 16 sur 248 · Chronic., p. 135, ed. Mai et Zohr · texte numérisé non relu

Chronic., p. 135, ed. Mai et Zohr

de l’ainiant sur le fer, et que là où ils se trouvent on peut dire avec assurance : Là se trouvent des métaux. Cette règle s’étend à tous, et sera sans exception. C’est ainsi que ces courses vagabondes, et sans but en apparence, pourront désormais fournir d’utiles indications à rhistbire, à la géographie et à la science.

Les Dactyles allèrent-ils aussi à Clivpre ? Clément d’Alexandrie est le seul qui nous l’assure. Parlant des principales inventions, il dit : « De leur côté, Celmis (( et Damnaménée, deux des Dactyles Idéens, décou- (( vrirent les premiers le fer à Chypre, et Délas, un « autre Idéen, trouva l’alliage du cuivre, ou, comme « le dit Hésiode, ce fut Scythes. — re aù x.cd

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a 'HawrVjç, 2/.u()'/içb » Du reste, cette île avait tout à souhait pour les attirer et les retenir; nous aurons occasion plus loin de le montrer.

Ce qui est plus certain, c’est la résidence des Dactyles en Samotlirace, Pile sainte et vénérée, le rendezvous mystérieux de tous nos métallurges. Diodore de Sicile, dans l’endroit cité plus haut, après nous avoir dit que les Dactyles avaient passé de la Phrygie en Europe, nous les montre dans la Samothrace étonnant par leur science merveilleuse les habitants de cette île : (( Et, comme ils étaient magiciens, dit-il, ils s’adon- (( nèrent aux enchantements, aux initiations et aux U mystères, et, s’étant arrêtés dans la Samothrace, (( ils ne surprirent pas médiocrement les habitants de (( ce pays par ces pratiques. — 'ïTuap^avTaç yoviTaç,

i. Strom.^ 1, 16, p. 362, ed. Pott.

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Nous ferons connaître le sol delà Samotlirace quand nous en serons aux Cabires.

Ici finit chez les Dactyles le rôle demëtallurges, pour faire place à d’autres rôles, tous differents entre eux et fort éloignés du premier, mais tous dérivés du mot Dactyle. C’est un curieux spectacle que celui de l’esprit grec, saisissant d’abord par sa subtilité les rapports les plus délicats, et prenant ensuite, par son amour de ia fiction, ces rapports pour des réalités; puis, imaginant encore de nouvelles analogies à la suite des dernières, et se laissant sur cette pente entraîner quelquefois assez loin de son point de départ. Ce spectacle va nous être offert dans ce qui reste à dire des Dactyles.

On les appela magiciens., enchanteurs et ce nom s’explique sans peine. Que l’on se représente, en effet, rétonnement des premiers hommes, quand ils virent la terre ordinaire se transformer sous les doigts des premiers métallurges en une substance solide, brillante et sonore, et l’on concevra qu’ils aient supposé dans cet art quelque vertu surnaturelle.

Les doigts des deux mains ne sont ni d’une égale force ni d’une égale dextérité; c’est pourquoi l’on admit des doigts mâles et des doigts femelles, ou des frères et des sœurs. Les frères furent les doigts de la main droite et les sœurs ceux de la main gauche ; et ce furent les frères, ou les plus adroits et les plus forts, qui trouvèrent le fer et le travaillèrent.

On n’en resta pas là; comme la droite passait pour être de bon augure et la gauche de mauvais augure, on étendit celte vertu aux doigts, et ceux de la main gauche purent envoyer des maléfices, ceux de la droite les retirer.

Ne traitons pas légèrement ces croyances; elles se recommandent à plus d’un titre : Sophocle est le garant des premières, Phérécyde et Hellanicus ont rapporté les autres. Nous avons déjà entendu le poète, écoutons les logographes : « On dit, nous apprend le « docte sclioliaste d’Apollonius de Rhodes, que les (c Dactyles Idéens sont au nombre de six et de cinq ; « que ceux qui sont à droite sont les mâles, que ceux (( qui sont à gauche sont les femelles. Phérécyde dit « que ceux qui sont à droite sont au nombre de vingt, « que ceux qui sont à gauche sont au nombre de a trente-deux. C’étaient des enchanteurs et des magi- « ciens. Ils furent ainsi appelés de leur mère Ida, les U enchanteurs parmi eux se trouvant à la gauche, « comme dit Phérécyde, et ceux qui rompaient l’encc chantement se trouvant à la droite, comme dit Hel- « lauicus. — y.y.\ ttsvts <pacrl toutouç elvat * j;.àv,

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Ne nous inquiétons pas de la variété de ces chiffres; elle prouve ce que disait plus haut Strabon, que les anciens ne s’accordaient ni sur les noms ni sur les

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