CHAPITRE III
L’orichalque est rappelé de temps en temps à son rôle primitif; raisons qui portent à lui rendre son ancien prestige. — Il désigne un cin- '' quième âge du monde. — Plusieurs exemples, dont deux surtout intéressent l’histoire de l’art,, et dont le dernier offre un curieux échantillon de la critique philologique chez les Grecs. — Détails sur le cuivre de Démonèse.
Cependant tandis que le commun des auteurs appliquait le nom d’orichalque à l’alliage vulgaire du cuivre et du zinc, d’autres écrivains faisaient signifier à ce nom la substance fabuleuse, et cherchaient à lui maintenir encore son ancien prestige, tantôt par imitation des poètes qui Pavaient célébré, tantôt pour rehausser la valeur et l’antiquité de quelque objet. Cette simple observation suffira, je crois, pour éclaircir bon nombre de passages qui ont embarrassé jusqu’à présent les critiques et les commentateurs. On verra d’abord que les poètes épiques surtout, célébrant des actions fabuleuses, n’ont pu et ne pouvaient que rappeler l’oricbalque fabuleux , sous peine de mettre ' les choses en contradiction avec le temps.
Le premier que nous avons à citer, c’est Virgile ; décrivant la cuirasse de Turnus, il dit :
Ipse dehinc auro squalentem^ alboque orichalco Circumdat loricam humeris ^ .
1 . Squalens ne signifie pas ici resplendissant^ selon une erreur trop accréditée, mais recouvert d écailles^ de lames ^ etc. La cuirasse de Turnus est plaquée d’or et d’orichalque comme l’armure que décrit Stace un peu plus bas : « Et sparsa orichalca renident. »