‹ Les métaux dans l'antiquitéChapitre 173 sur 248 · Æn., XII · texte numérisé non relu

Æn., XII

« Lui-même ensuite attache autour de ses épaules sa cc cuirasse recouverte de lames d’or et d’orichalque cc brillant. » Nul doute que le poète latin ne rappelle ses devanciers grecs et notamment l’auteur de l’hymne homérique à Vénus , en associant comme lui y l’or et la substance imaginée pour rivaliser avec l’or,

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Servius a fait sur ce passage une note confuse et inexacte en quelques points, mais curieuse à beaucoup d’égards et renfermant des traditions que nous ne connaissions point d’ailleurs : « Chez les anciens, ditdl, cc l’orichalque fut plus précieux que les autres métaux ; çc car, comme dit Lucrèce, les hommes qui, dans le cc principe, n’avaient encore l’expérience de rien, ayant cc incendié les forêts, la terre qui produit tout, sua cc fortuitement les métaux par la chaleur de l’incendie, cc et entre ces métaux, l’orichalque fut estimé le plus cc précieux comme réunissant l’éclat de l’or à la duce reté du cuivre. En effet, la hache qu’on avait faite cc en or, dans le principe, fut abandonnée à cause de « sa mollesse ; la même raison fit rejeter l’usage de cc TaVgent, bientôt celui du cuivre ; on adopta l’oricc chalque, jusqu’à ce qu’on en fût arrivé à l’emploi « du fer. C’est d’après ces métaux qu’on a établi aussi, cc dit-on, une division des siècles. — Apud majores cc orichalcum pretiosius omnibus fuit metallis ; namcc que, sicut Lucretius dicit, quum primum homines cc silvas incendissent, nuîlarum adhuc rerum periti, cc terra casu, fertilis omnium, ex incendii calore defc sudavit mètalla, inter quæ orichalcum pretiosius

« visum est, quod et splendorem auri et æris duritiem « possideret. Namque de auro primum securis facta « displicuit causa mollitiei ; simili ratione et argent! « contemptus est usus, mox æris ; orichaicum placuit « donec veniretur ad ferrum. Unde etiam sæcula ita « dicuntur fuisse divisa» »

Le grammairien, en nous disant tout d’abord que rorichalque fut aux yeux des anciens le plus précieux des métaux, montre bien qu’il entend parler de la substance fabuleuse, et qu’il ne suppose pas d’autre intention à son poète ; mais lorsqu’il s’appuie sur l’autorité de Lucrèce, il se trompe. Lucrèce, qui attribue réellement la fortuite fusion des métaux à un incendie des forêts,* n’a point parlé de l’orichalque, s’étant borné à signaler comme produit de l’accident, l’or, l’argent, le cuivre, le fer et le plomb :

Quod superest, æs atque aurum ferrumc^e repertum est,

Et simul argenti pondus plumhic^e potestas,

Ignis ubi ingéniés siWas ardore cremarat

Montibus in magnis

a Au reste, le cuivre et Vor et le fer furent trouvés, « én même temps que l’amas de V argent et la masse cc du plomb^ après que le feu eut consumé par son a ardeur les vastes forêts sur les grandes monc( tagne's. »

Une autre erreur de Servius, c’est d’avoir confondu deux époques fort éloignées, et d’avoir attribué aux anciens Grecs une opinion particulière aux Romains, et qui ne reposa, comme nous le verrons bientôt, que

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