‹ Les métaux dans l'antiquitéChapitre 176 sur 248 · Psalm., XXXI, 9 et · texte numérisé non relu

Psalm., XXXI, 9 et

Mais ce n’est pas seulement le désir d’imiter les anciens poètes^ et le respect pour les illusions du temps où l’on se plaçait, qui firent supposer à l’oriclialque son antique valeur ; souvent aussi la tradition , pour accroître la vétusté ou la vénération de quelque objet, le fit passer pour être de ce précieux métal. J’ai à citer deux exemples et tous deux fort remarquables.

Le premier nous est offert par l’auteur des Récits merise illeux. Pariant du cuivre qu’on trouvait à Démonèse, île de la Propontide, et qui était extrait par des plongeurs, il dit : « C’est de ce miétal qu’est la statue « qu’on voit à Sicyone dans un temple antique d’Ac( pollon, de même que celles qu’on appelle à Pbénée « statues céorichalque , et qui portent l’inscription : « Hercule^ fils cV Amphitryon^ après avoir pris Elis^ (( les consacra. * — ’oGev d ev 2(.y«i>cdvi Icttiv sv tco

cc âp^aLtp vacp toO ’A.tvq^'Xcovoç , xal £v <î>£V£cp ol 6p£iya7;'/.oi x.a- (( >.ou[X£voi., éTaysypaTwTai auToîç * 'Hpax.7'^ç d Ap.(pLTpu(ovoc, a ’HAiv éltbv âv£Ô7ix£vb »

Ce qu’il y a surtout d’important pour nous dans ce

i. De Mirahit. Ausc., c. lix, p. 118 sq. ed. Beckniann. — On sent aisément une allitération cherchée dans le rapprochement IXwv, et il est difficile de méconnaître dans ~HXiv eXfov àve- 6'/]X£v, la fin d’un hexamètre. Les anciens aimaient tant à rédiger leurs inscriptions en vers, que lorsque des mots rebelles, des noms propres en général , ne leur permettaient point de fournir le vers entier, ils se résignaient à n’en donner qu’une portion : les exemples abondent ; ceux qui sont un peu versés dans répigraj>hie grecque le savent. .Te crois clone c[ue l’inscription actuelle se composait de deux lignes, i’une en prose, et l’autre formant la fin d’un vers :

'HpaxX^ç ô ’A[JL9tTpdwvoç ,

’HXtv ÉXeov àv£0r)X£V.

récit, c'est rassertion, d’une part que les statues de Phénée en Arcadie, étaient de cuivre démonésien, d’une autre part qu’on les appelait statues d' orichalque . Il semble, en effet, d’après ce rapprochement, qu’on n’ait établi aucune différence entre les deux matières, et Beckmann en a cru pouvoir tirer la conséquence que dans les deux cas il ne s’agissait que d’un laiton naturel : « Ergo æs Demonesium fuit non cuprum puce rum, sed aurichalcum naturale \ » Cette hypothèse est purement gratuite, et ne paraît pas moins contraire à l’expérience physique qu’à la vraisemblance et aux faits positifs de l’histoire. Le laiton n’est d’abord qu’une production artificielle; ensuite, il est impossible de faire remonter la connaissance de cette composition jusqu’aux temps héroïques ; enfin le docte naturaliste ne songe pas qu’aux yeux des Phénéens, c’eut été bien peu relever l’antiquité et le prix de ces œuvres d’art, que de les supposer simplement de laiton. La vérité est donc ailleurs.

Je suis engagé à dire un mot du cuivre de Démonèse. Beckmann pense que les veines de cette mine s’ouvraient dans la mer, et que c’est pour cela qu’on était obligé de la faire extraire par des plongeurs; il cite à l’appui de son opinion l’extraction sous-marine de pyrites vitrioliques, pratiquée de son temps à Harwieb , en Angleterre : ce Petebant vel expiscabantur cc eam e mari, excurrentibus venis in mare. Neque « bæcres exemple caret : expiscantur Angli. e mari ad (c oppidum Harwich pyritas, unde vitriolum elixant^»

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