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et pour le vulgaire des Grecs , cette contradiction était- elle apparente? Non, sans doute; et l’exagération meme ne faisait que rendre les objets plus vénérables et plus saints. Nous saisissons maintenant le but et le vrai sens du mot oricbalque dans cette circonstance. Tous ceux qui avaient intérêt à perpétuer l’illusion, à entretenir le respect stiperstitieux , se gardèrent bien d’assigner pour matière à ces statues soit l’airain, soit le laiton ou le cuivre même de Démonèse; mais ils les supposèrent d’orichalque, afin de reposer l’imagination sur une substance dont l’origine et la nature se dérobaient à toutes les recherches.
Je ne puis quitter le passage du pseudonyme Aristote sans me demander à quelle ancienne statue de Sicyone il y est fait allusion. Beckmann, pour appuyer son auteur, renvoie sans hésitation à Pausanias^ et à Pline ^ Mais Pausanias ne dit pas un mot qui puisse fournir l’appui qu’on lui demande, et Pline dit simplement que la statue qu’on admirait à Sicyone était l’œuvre de Dipœnus et de Scyliis. Or, peut-on inférer de là que cette statue était aussi de cuivre*, et de cuivre démonésien ? Beckmann l’a pensé ; « Illo e « cupro Demonesio conflata fuit statua Apollinis, quæ (( Sicyone erat^ » Erreur grave, assurément; tout porte à croire, au contraire, que la statue était de marbre ; Pline lui-même semble le déclarer expressément lorsque, avant de rapporter la cause miraculeuse qui provoqua cette œuvre d’art, il nous apprend que Dipœnus et Scyliis furent les premiers de tous