‹ Les métaux dans l'antiquitéChapitre 179 sur 248 · De Mirahil. Ausc,^ ad c. lix, p · texte numérisé non relu

De Mirahil. Ausc,^ ad c. lix, p

qui se distinguèrent dans la sculpture du marbre :

« Marrnore scalpendo primi omnium inclaruerunt « Dipoenus et Scyllis, »

Le second exemple que j’ai à citer intéresse aussi vivement l’iiistoire de l’art, et de plus, il nous offre un curieux échantillon de la critique philologique chez les Grecs. Pausanias visitant les marais de Lerne , et s’occupant des mystères qu’on y célébrait : « On pré- « tend, dit-il, que Phiiammon institua les mystères des (c Lernéens; mais d’abord il est bien évident que les (c paroles qu’on y prononce pendant les pratiques sacc crées, ne sont pas anciennes^; et quant à ce que j’ai cc ouï dire qui est écrit sur le cœur lait d’orichalque*^, (( Arrhiphon a trouvé que cela n’est pas non plus de « Phiiammon, Cet Arrhiphon originaire de Triconium « en Etoiié, et de notre temps un des plus considérés (( parmi les Lyciens, habile à découvrir ce que perce sonne avant lui n’avait vu, a eu aussi le talent de (( surprendre sur le cœur les particularités suivantes, cc que les vers hexamètres, aussi bien que la prose qui « s’ÿ trouvait mêlée avec ces vers, étaient entièrement (( composés en dialecte dorien.Or, avant le retour des c( Héraciides dans le Péloponnèse, les Argiens parlaient (C la meme langue que les Athéniens, et du temps de

1. Clavier a traduit : « Il est évident que ce qui se dit de ces cc cérémonies secrètes, n’est pas ancien, » comme s’il y avait tte pi Twv opwiJL£Vü3V. Cette traduction n’est pas exacte f car elle forme une écjuivoque, si elle veut faire entendre les paroles qu’on prononçait pendant les" cérémonies religieuses, et un contre-sen5, si elle signifie les propos vagues qui couraient sur ces mystères.

2. Clavier a traduit, un cœur de cuivre jaune ; il eût sagement fait, pour ne pas se compromettre, de rendre, le cœur d’ori-' chalque.

(( Philammon, le nom des Doriens n’était pas même, à « ce que je crois, arrivé aux oreilles de tous les Çrecs\ a Tels sont les faits dont Arrhiphon démontrait la vé- « rité. — ^ liaTacTTiaacOat twv Aepvaiicav <I)t-

« 'Xdc^y.cùw. (paGi. Ta [A£V oùv IsyopLSva stuI toTç ^pw[/,£voiç ^rildc i< £CTiv ouz ovTa apy^aia’ a Tiaouaa £TcI xap^ia ysypaçQat a TV] 7rg7T:otvi[X£V';^ TOU op£iy^aVxou, oùâè TauTa ovTa $i>.àjx[xwvoç « ’Appicpwv £up£ , To [X£V âvgîtaGev Tptawvifiùi; twv év Airtoliay (( Ta £(p’ 7^[i,wv Au/wiwv Totç [xalujTa 6[xotwç ^o/wL|xo;, ^sivoç « £^£up£iv, a [A'é Ti; TTpoTgpov £i^£, Y.V.I ^7] Y.yX TauTa (pwpàcrai

t( £m Ttp^e’ Ta âV/i, y-al oaa où [xsTa [i.£Tpou [xe[xt,y[/.£va T|V toTç « £7V£Gt., Ta TTavTa AcopioTL £776Trot'/iTO. IIplv 'HpaxT^gi^aç xac( TEXGgrv £ç Ilfi'XoTrovvvicov , T71V auT^^v 7i<pucav AG7]vatoi; oî (( Apyfitoi (pwv'év* £7ul <ï)i)^a[;.p!.wvoç où^è to ovo[xa to Aœpigwv f( (£[7.ol ^oxEiv) £ç aTTavTaç vixoùsTO '^ET^Xvjvaç. TaÙTa [xèv ^ri

(( àTT£^aiV£V OÙTtOÇ £J(^OVTa^. »

t . clavier a traduit : « Le nom des Doriens n’était pas meme, « à ce que je crois, connu des Grecs. » C’est là, selon moi, un grave contre-sens, qui du même coup altère la pensée de l’auteur et fausse l’histoire. Pausanias dit seulement que le nom des Doriens, à cette époquç, n’était pas même arrivé à la connaissance de tous les Grecs ; et il ajoute encore une réserve assurément trèslégitime en pareil cas, lp.oi ooxetv, à ce que je crois. Que les Doriens, en effet, fussent absolument inconnus aux Grecs avant le retour des Héraclides, c’est là ce qui est invraisemblable, et ce que personne du reste n’était en droit d’affirmer.

2. II, 37, p. 109. — Il y a dans ce passage un rapport que l’on ne saisit pas du premier coup d’œil; il se trouve dans le membre de phrase : ff>ojpao‘ai IttI twos.

A quoi se rapporte tw§£? On a proposé plusieurs conjectures, ou voulu faire divers changements au texte ; je crois qu’il faut simplement sous-entendre xcî) opet)(^aXxw, après tojSs. L’écrivain ne se souvenant que du nom masculin de la matière, et oubliant le nom féminin de l’objet, a dit im xw ôp£i)(^aAxw comme il avait dit

87CI x'^ xapoia.

Je ne veux ni ne pourrais affaiblir en rien les ëloges que donne ici Pausanias à la sagacité du critique étolien ; mais que de raisons encore à faire valoir avant et après la sienne ! Existait-il à cette époque une prose et des vers ? un langage rbytlimé et un autre qui ne l’était point? avait-on songé surtout à les mêler ensemble? et l’écriture elle-même et la forme des lettres? Venons à notre objet : après tant d’artifices mis en jeu pour abuser la simplicité religieuse, peut-on douter qu’on n’ait cherché à faire passer la matière du cœur mystique pour l’orichalque mystérieux des poètes ?

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