V. Aurichalcum
3. EtjmoL, XVI, 20. — Isidore, quoique égaré sur l’étymologie par la fausse orthographe, a cependant bien vu que V aurichalcum
Ainsi l’oricbalque était réservé à devenir une seconde fois un métal fabuleux, et cette fois par une fausse étymologie! Plaute, qui n’était pas dupe de l’erreur, en a tiré cependant un parti fort avantageux; il a parlé assez souvent de l’orichalcjue , et toujours avec l’intention de jouer sur la première moitié du mot, et d’en faire briller l’or.
Dans le Curculio, Pliædrome, le jeune amoureux, dit à Palinure, son esclave, qui vient de le rappeler à la modération : « Trouve-moi, au poids de l’or, un (( amant qui ait de la retenue ; et je te donne ce pe- « sant d’or. »
Auro contra cedo modestum amatorem ; a me aurum accipe.
Et l’esclave reprenant vivement : « Trouve-moi au « poids de l’auricbalque un maître sensé à servir, w
Cedo mibi contra auricbalco, cui ego sano serviam* î
Ici l’auricbalque est plaisamment opposé à l’or, pour en faire tout au moins le contre-poids, sinon pour l’emporter.
Dans le Miles gloriosus : « Donne-moi au poids de
n’était que du laiton. Il croit qu’il fut ainsi nommé, parce qu’à l’éclat de l’or il joint la dureté du cuivre : « Aurichalcum dite ctum, quod et splendorem auri et duritiam æris possideat. » Une chose remarquable, c’est qu’Isidore prend pour raison de son étymologie ce que Servius nous a donné pour raison de la préférence accordée à l’orichalque sur les autres métaux. Le commentateur de Virgile, en effet, nous a dit plus haut : « Orichal- « cum pretiosius visum est, quod et splendorem auri et æris « duritiem possideret. »