II
« omnino consistere Ulpianus respondit ; idqiiie exem- « plo viriolæ, quæ ex gemmis contextis aiiro vel arec gento alia^^e materia coraponi solet. Hæc si aurea (c dicatur et vendatur, etsi magna ex parte inventa « fuerit ærea , placuit tamen valere venditionem, « maxime si aliqua ex parte saltem aurea sit, qualis (c dicebatur, atque ita auri quid admixtum habeat. » (L. 1 4, De contrah, empt,
Après Salmutb, un autre jurisconsulte a fait le meme rapprochement pour en tiier la meme conséquence, c’est l’avocat belge de Launay, dans un Mémoire que j’aurai bientôt à juger. Mais de Launay s’est rendu ici coupable d’une grave omission (car le rapprochement des deux Lois a de l’importance), il a négligé d’indiquer le commentaire qu’il avait sous les yeux, et qu’il venait de traduire, il n’a pas nommé Salmuth. Voici du reste le passage de son Mémoire. Après s’étre posé la question, s’il entrait de l’or dans la coniposition de de l’orichalque, il y répond ainsi : (( Un témoignage de « l’antiquité, c’est-à-dire deux décisions de la législa- « tion romaine, qui ont un rapport entre elles, nous cc prouvent bien clairement que non. La Loi 45 du (C Digeste (Tit. De contrah, empt,) présente ce qui « suit : Si quis cas aurichalcum pro auro cenclidisset c( ignoranSf tenetur ut auriun quod cendidit præstet, « Passons maintenant à la Loi 14 du même titre; voici « le cas et la décision qu’elle renferme : « Si et ego me cc vendere aurum putarem, et tu emere, quum æs esset, cc ut puta coberedes viriolam, quæ aurea dicebatur,
1 . Guidonis Panciroli Rerum Mentor ahilium sive Deperditarum^ part. I, tit. VIII, p. 27 sq*
« pretio exquisito uni heredi vendidissent, eaque in- « venta esset magna ex parte ænea, venditionem esse (( constat; ideo quia auri aliquid liabuit. w Le lecteur « a déjà saisi la conséquence véritablement frappante, {( qui résulte de la combinaison des deux passages que « je viens de transcrire. Si croyant avoir vendu de For, « Fon n’avait livré que de Forichalque, pette vente « est nulle, décide la Loi 45 ; et quelle en est la rai- « son ? c’est que dans Forichalque il n’y a pas la « moindre portion d’or; car s’il y en avait, la vente « serait valide, témoin la Loi 14 où le jurisconsulte (( suppose que Fon a vendu un bijou, qui passait pour « être d’or, et qui cependant,* comme on Fa reconnu « ensuite, n’était en grande partie que du cuivre : (c malgré cela, cette Loi décide que la vente subsiste, (( parce que, dit-elle, il y avait au moins une portion « d’or dans le bijou vendu ^ »
Mais on ne s’en tint pas à cette transformation du métal ; la double orthographe produisit deux sortes d’orichalque. Festus les a distingués à peu près ; Diomède le grammairien les signale nettement. Re* marquant que les noms de métaux s’employaient toujours au singulier, chez les Latins, il cite ïorichalque et \ aurichalque : « Item metallica sunt sem- « per singularia , ut argentum , aurum , ferrura , U plumbum , orichalcum , stannum , cassiteruin et « aurichalcum} , »
Cependant, à mesure que l’on s’éloigne de l’antiquité, la signification du mot orichalque se précise
1. Mémoires de î Académie des Sciences et Belles*Jjettres de Bruxelles^ t. III, p. 378 sq.
davantage, en dépit de T orthographe aurichalcum ; et lorsqu’on approche des temps modernes, elle est déjà fixée dans le sens exclusif et permanent de laiton*
Au VI® siècle, Primase, évéque d’Adrumète, commentant le verset At Y Apocalypse où figure le chalcolibanon. voit sous la substance mystérieuse l’orichal-
quelui-méme, et en donne ainsi la composition : « La « raison qui Ta porté à comparer les pieds à l’auri- (c chalque, c’est que ce métal se fait avec le cuivre, cc qu’on traite à grand feu, et aüquel, par le moyen a d’un ingrédient qu’on y ajoute, on fait prendre la (c couleur de l’or. — Aurichalco autem ilia ratione U comparavit (pedes), quod ex ære fit, cum igné cc multo, et, medicamine adbibito, perducitur ad aucc reum colorem^ »
Au VII® siècle, Isidore, évéque de Séville, reproduit textuellement la meme définition : cc Fit autem ex ære « et igné multo, ac medicaminibus perducitur ad auc( reum colorem^ »
Au VIII® siècle, l’auteur d’un commentaire sur calypse^ attribué à saint Ambroise, mais restitué depuis à un prêtre du nom de Bérengaud , qui paraît avoir vécu sous Charlemagne, s’exprime dans les mêmes termes que l’évêque d’Adrumète : « Qui similes cc aurichalco dicuntur (pedes); æs namque in fornace, (c quibusdam medicaminibus admixtis, tamdiu conflacc tur, usque dum colorem auri accipiat, et dicitur aucc richalcum^ «
\J ingrédient en question n’est bien certainement