‹ Les métaux dans l'antiquitéChapitre 185 sur 248 · Fit. Pontif.y p · texte numérisé non relu

Fit. Pontif.y p

et commixtione æris), nous apprend le procédé qu’il vit employer lui-méme à Paris, à Cologne et dans plusieurs autres endroits, pour convertir le cuivre en aurichalcum. C’est la pratique des temps modernes : on se servait de la calamine, réduite en poudre {per pulverem lapidis qui calamina vocatui'). Albert observa que pour donner au laiton une teinte plus claire et plus approchante de la couleur citrine de l’or, on y mêlait un peu d’étain , remarquant toutefois avec justesse que cet ingrédient ôte beaucoup à l’alliage de la ductilité du cuivre pur. Il observa aussi que pour faire prendre au laiton un jaune d’or plus brillant encore, on attachait au cuivre la pierre calaminaire, afin que le zinc qu’elle contient, se trouvât plus longtemps en contact avec le métal qu’il devait jaunir. Mais ceux qui veulent, ajoute-t-il, rendre X aurichalcum semblable à l’or jusqu’à rendre l’apparence trompeuse, remplacent Pétain par l’argent.

DE NATURA ET COMMIXTIONE ÆRIS.

« Hi autem qui in cupro multum operantur in no- « stris partibus , Parisiis videlicet et Coloniæ , et in c( aliis locis in quibus fui et vidi experiri, convertunt c( cuprum in aurichalcum per pulverem lapidis qui cc calamina vocatur ; et cum evaporat lapis, adhuc re- « manet splendor obscur us declinans aliquantulum ad (c auri speciem. Ut autem albius efficiatur, et ita citricc nati auri magis sit simile , immiscent aliquantulum cc de stanno : propter quod etiam aurichalcum mulcc tum de ductibilitate cupri amittit. Et illi qui deci- « pere volunt, et splendorem similem auro inducere, « ligant lapidem, ita quod diutius remanet in ære in

(c igné, non evaporans cito ab ære.... Qui autem ad- « hue amplius assimilare auro intendit, loco stanni « ponil argentura , et immiscet aurichalco ; et hoc cc efficitur ita rutilum et citrinum, quod multi credunt a ipsum esse aurum, cum in veritate adhuc sit in spe- (c cie æris\ »

A la meme époque, un écrivain du meme genre, et qui travailla sur un plan encore plus vaste qu’ Albert le Grand, Tabréviateur encyclopédiste et trop souvent inintelligent, Vincent de Beauvais, consacrait dans son Spéculum, naturale un chapitre à Y aurichalque , Les sources où il a puisé sont au nombre de quatre : Isidore, Pline , le livre de, Naturis rerum et Fouvrage intitulé Doctrina Alchimiæ. Nous allons rapporter ce chapitre, et nous nous y arrêterons un moment pour faire quelques remarques.

DE AURICHALCO.

c( Isidorus, Aurichalcum dicitur, eo quod splendo- « rem auri et duritiem æris possideat. Est autem noce men compositum* ex lingua Latina et Græca : æs (( enim Græce jolKyM vocatur ; fit autem ex ære et igné cc multo, ac medicaminibus ad aureum colorem perce ducitur. »

cc Plinius, libro XXXIV. In Ægypto (ut dictum est (( supra) fuit æris invenlio prima. Moxque vilitas ejus cc præcipua, in aliis terris præstantiore reperto, maxic( meque aurichalco, quod ob præcipuam bonitatem, cc diu obtinuit admirationem. Summa gloria in Corducc bensi, quod imitatur bonitatem aurichalci. »

\ . De Minerai..^ IV, 6, t. II, p. 264 sq. ed. Jammy.

(c Ex libro de ISaturis rerum. Ex ære fit aurichal- « curoj sic dictum quia splendorem habeat auri, vel (c quia de ipso sit aurum. Dicit euim pbilosopbus, in <( libro de Lumine : Quod ex urina pueri et aurichalco a fit aurum optimum. Quod intelligendum est in co- « lore, non in substanlia; dicit enim idem Aristoteles:

(( Quod varîatur coloi\ sed substantia manet. Hoc au- (( ricbalcum frequentius Scripturæ vocant electrum ; et c( boc propter colorem eîectro prope consimilem. »

« Ex Doctrina AlcJiimiæ. Æs autem transmutatur « in auricbalciim, quod fit médian te tucbia (sic), quia « fumus ejus albificat et babet naturam spiritus; sta- « timque cum pulvis ejus projicilur super æs fusum, (( vel miscetur cum laminis æris, in ipsa æris fusione « tucbia calefit et fugam quærit tanquam spiritus : « unde apparet quod ejus fiiga fit per æris corpus fu- « siim ; sicqiie siccat ipsum, quia fumus ejus est ternes perate aibus, et album bujusmodi mixtum cum c( rubeo reprimit rubedinem, et fit citrinum et ita auri» (C cbalcumb »

Les extraits d’Isidore et de Pline n’étant autres que ceux que nous avons cités nous-mêmes, nous passerons outre, après avoir seulement relevé une erreur dans le passage emprunté à Pline. Ce n’est pas en Égypte que i’bistorien fait découvrir le cuivre, comme le lui fait dire Vincent, mais à Chypre : c< In Cypro, ubi prima fuit, etc. » Ailleurs, à l’endroit oii il s’occupe des différentes inventions, Pline dit également : cc Cinyras inventa les tuiles, et découvrit les mines de « cuivre, ayant fait cette double découverte à Chypre.

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