T. II, P
a de plus dans la recette de Pline que le nitre ou alcali dont l’urine pouvait tenir lieu. (( Les orfèvres c( aussi, dit Thistorien, se sont approprié la chryso- (( colle, pour souder For; et c’est meme de cet em- « ploi (/puGoç et y.oX'Xa, soudure de For) que lui est « venu son nom, de l’aveu de tous ceux qui se servent cc de la cbrysocolle. On la produit, en mêlant encc semble l’oxvde vert de cuivre et Furine d’un enfant « impubère, après y avoir ajouté du nitre. — Chryso- « collain et aurifices sibi vindicant agglutinando auro ; (( et inde omnes appellatam similiter utentes dicunt. « Temperatur autem ea Gypria ærugine et pueri impucc bis urina, addito nitrob»
1. JVût. Hist,^ XXXIII, 29. — Il y a dans ce passage de Pline un membre de phrase qui demande explication. Toutes les anciennes éditions et la plupart des manuscrits portent : « Et inde « omnes appellatam similiter utentes dicunt. » Mais le manuscrit de Bamberg donne : « Et inde omnes appellatas similiter virentes a dicunt; » et la leçon a été introduite dans le texte par les plus récents éditeurs de Pline, notamment par M. Sillig; et les derniers traducteurs français, se conformant à ce nouveau texte, ont traduit : « Et c’est de cette chrysocolle, dit-on, que toutes les sub- <c stances d’un vert semblable ont reçu ce nom. »
Une pareille leçon me paraît contraire- au sens du passage et meme à l’ordre de la syntaxe: D’après ce texte, en effet, inde ne pourrait se rapporter qu’à cfuysocollam, tandis qu’il est bien certainement en rapport avec agglutmajido auro. On se demande ensuite pourquoi les chrysocolles vertes auraient seules tiré leur nom de la chrysocolle des orfèvres; et d’où pouvait venir le nom des chrysocolles plus ou moins jaunes. Enfin l’intention de Pline, qui est évidemment de donner l’étymologie de chrjsocolle^ ne se reconnaît plus dans la nouvelle leçon.
Reprenons l’ancien texte, et tout va s’éclaircir. L’historien vient de dire que l’on fait usage de la chrysocolle dans la peinture et dans la médecine ; puis, il ajoute que les orfèvres s’en servent aussi
L’observation, qui termine l’extrait de l’ouvrage de Thomas, n’est pas sans importance pour l’histoire de l’orichalque, et nous y reviendrons, dans l’Appendice que nous consacrons à \ Electre, « Les livres saints, cc remarque l’auteur, appellent le plus souvent cet au^ a électre ; et cela, à cause de sa couleur pres-
te que semblable à celle de l’électre. »
Passons à l’extrait du livre intitulé Doctrina Alchimiæj Doctrine de ï Alchimie, L’orichalque semblait avoir droit à trouver place dans un traité d’ Alchimie ; car s’il n’y a pas transmutation de métaux dans les alliages, il y a du moins conversion en un métal différent. Cet extrait ne nous apprend rien de plus que ce qu’a dit Albert le Grand ; mais les effets chimiques de la tuthie , ou cadmie des fourneaux , sur le cuivre rouge, le sort qu’elle éprouve elle-même et ses efforts pour échapper par sa fuite et sa sublimation à la plus grande action du feu, sont décrits avec exactitude : c( Le cuivre se transmue en aurichalque, ce qui a « lieu par l’intermède de la tuthie, parce que sa fumée « blanchit, et qu’elle a la nature d’une vapeur; et « aussitôt qu’on la jette réduite en poudre sur le cui- (( vre fondu, ou qu’on la mêle avec des lames de ce a métal, pendant la fusion même du cuivre, elle s’é-
pour souder tor^ agglutina?ido auro ; et c’est meme de cet emploi {inde)^ continue-t-il, que tous ceux qui usent de cette substance {omnes utentes) s'' accordent à dire {similiter dicunt) que la chrysocolle a tiré son nom {appellatami) . On aurait pu croire, en effet, que les orfèvres dérivaient Pétymologie du nom au profit' de leur art; mais tous, peintres, médecins et autres, conviennent que la chrysocolle s’est réellement ainsi appelée de l’emploi qu’on en fait pour souder Vor; car tous lisent avec le nom son étymologie meme : 5(puaoç soudure de Vor.
« chauffe, et cherche sa fuite comuie une vapeur. Ce (( qui montre que sa fuite a lieu à travers la masse li- (( quéfiée, et que par là elle se dessèche, c’est que sa « fumée est modérément blanche , et que c’est cette « blancheur-là, qui, mélée au rouge du cuivre, affai- (( blit la couleur de ce dernier, et forme un jaune « pâle, et par là l’aurichalque. »
Un autre compilateur encyclopédiste, mais bien inférieur à ceux que nous venons de citer, Barthélemy Glanvill, moine du quatorzième siècle, a parlé de l’orichalque,dans son ouvrage sur les Propriétés des choses, de Proprietatibus rerinn; mais il n’est pas allé au delà d’Isidore de Séville. Toutefois, comme il n^a pas lespecté scrupuleusement les paroles de son auteur, je citerai la définition qu’il, donne de notre métal : ic Aurichalcum itaque, dit-il, habet duritiem æris, sive cc cupri : ex mixtione enim æris et stanni et auripicc gmenti, et quibusdam aliis medicaminibus perduci- « lur in igné ad colorem aufi, ut dicit Isidorus; co- (c lorem itaque habet auri et similitudinem, sed non c( valorem \ »
On voit qu’il fait entrer dans la composition de son laiton du cuivre^ de V étain, de Y orpiment, et quelques autres ingrédients ,
De ces divers procédés nous pourrions encore rapprocher ceux qu’indique le moine Théophile pour la composition et la dorure de YauricJialque, dans son Essai sur divers arts, diversarum artium Schedula^ ,
La science positive, la métallurgie elle-même finit