‹ Les métaux dans l'antiquitéChapitre 189 sur 248 · Ad J 166, p · texte numérisé non relu

Ad J 166, p

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De cette distinclion, qui n’est pas, comme le prétend Lobeck^ une vaine subtilité, on peut déduire le principe suivant, que les poètes grecs, sauf de rares exceptions dont l’opiêccxxo; d’Oppien est la plus notable, n’abrégeaient point la diphthongiie dans ces sortes de composés. Mais comment expliquer la différence d’orthographe ? L’i simple n’aura sans doute remplacé d’abord la diphthongue que dans les cas ou celle-ci était abrégée; puis, à la faveur de l’iotacisme, il se sera introduit dans un grand nombre de ces mots, et enfin, après avoir été réprimé par une sorte de règle, il aura été encore toléré dans les endroits où, devant deux consonnes, il n’affaiblissait nullement la quantité de la syllabe. De là il suit que les Latins, en abrégeant la diphthongue de 6pei-^ccX'/.oç, consultèrent plutôt la commodité de leur vers que les lois de la piosodie grecque.

Nous avons suivi l’orichalque à travers ses vicissitudes chez les Grecs et chez les Romains, et on l’a vu, durant sa première période, ne représenter qu’une substance imaginaire , éclose du cerveau des poètes.

i. Ad Phrynic,^ p. 684.

Cette fiction s’est expliquée par le rapprochement d’une substance de semblable origine, et bientôt après, l’étymologie, qui devait exercer une si grande action sur la destinée de ce métal, a tiré de son nom un inventeur et un statuaire.

Avec la seconde période a commencé l’existence réelle de l’oricbalque, qui s’est pris parfois pour le simple cuivre, et s’est transformé le plus ordinairement en une composition de cuivre et de zinc ; nous avons expliqué les auteurs qui constatent le fait, et la science nous a prêté son flambeau pour éclairer nos recherches érudites. Plus tard , il a subi encore un troisième changement , et il est devenu un alliage de cuivre et d’étain. Mais ici s’élevait une difficulté embarrassante *, comment démêler les trois sens du mot chez les auteurs ? Nous avons posé une règle destinée à servir de guide , et nous en avons éprouvé la sûreté par de nombreux exemples grecs et latins. Cependant, d’un autre côté, il a été établi que l’orichalque, tout en désignant ces substances vulgaires, ne cessa jamais d’être le signe fictif de la substance idéale, et qu’on lui laissa souvent son ancien prestige, soit par imitation des vieux poètes, et afin de rendre la peinture de l’âge mythique plus fidèle , soit pour rehausser la vétusté ou la vénération de quelque objet, qu’on supposait de ce métal. Pour faire ressortir cette dernière intention, j’ai cité deux exemples intéressant vivement l’histoire de l’art, et le second, nous offrant en outre un précieux échantillon de la critique philologique chez les Grecs.

L’orichalque n’était pas encore au bout de ses épreuves ; de nouveaux changements l’attendaient

chez les Romains, et c’est là qu’a commencé son troisième âge. Par un retour bizarre et un jeu de sa for^ tune, il a dû alors à une fausse étymologie de devenir fabuleux pour la seconde fois, et à une double orthographe de revêtir une seconde nature. Mais en avançant vers les temps modernes , il s'est restreint à l’unique et modeste signification de laiton ; nous l’avons montré, en suivant sa trace jusqu’au quatorzième siècle, et en ne le quittant qu’au moment où le métal, si brillant à son origine, disparaissait obscurément sous un mot de notre propre langue.

Il ne restait plus qu’à faire quelques remarques grammaticales sur la forme extérieure du nom, et c’est par là que nous avons terminé.

Là s’arrêtait aussi la tâche que j’avais entreprise; mais il m’a semblé que pour compléter mon travail, autant que par égard pour les savants qui s’étaient occupés du même sujet, il convenait de résumer en peu de mots les principales hypothèses qu’ils ont avancées sur l’orichalque. J’observerai l’ordre chronologique plutôt que l’ordre d’importance de ces explications, afin que l’on puisse voir d’un coup d’œil ce qu’elles se doivent les unes aux autres , ou tout au moins celles qui ont l’avantage de la priorité pour certaines idées.

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