Opuscul.^ t. I, p
dans la métallurgie, principalement celle qui touche aux médailles, ce qui lui a valu de la part d’un excellent juge, du P. Jobert, l’éloge « D’avoir traité plus « curieusement que tous les autres antiquaires le dé- « partement des métaux dans les monnaies*. y>
Amené donc par son sujet à parler de l’orichalque, il l’a fait en quelques mots, mais fort aventurés, et que nous ne relevons que par considération pour l’auteur. C’est une conjecture, en effet, purement gratuite, formée sur un aperçu vague et superficiel du sujet, et en outre, contradictoire. « Le cuivre, dit-il, qui a esté « teint en jaune principalement avec la calamine ou la « tuthie, est appelé par les Latins orichalcum. J’ay dit <c cy-devant qu’il s’en fait aujourd’hui un Irès-beau, a et fort approchant de la couleur de l’or, par le moyen « du calaem ou speautre qui vient des Indes, lequel « speautre pouvoit bien estre le pseudargjrus de Strate bon.... Ce speautre apporté des Indes, qui rend le « cuivre pareil à l’or en beauté, et meilleur que l’or « en dureté, pourroit bien estre la teinture de cet ori- (( chalcu/n des anciens, qui a esté si rare qu’il ne se c( trouvoit plus du temps de Platon, ny d’Aristote, et « encore moins de celuy de Josepbe ou de Pline, et « lequel estoit anciennement plus estimé que l’or
« mesme, comme le dit Servius , etc Quelques-
« uns tiennent, nonobstant les observations de Nico- « laus Eryihræus ^ qu’il faut esciire ce mot aurichal- « cum^ par la dipbtbongue au^ et non pas par un o, « croyant que ce métal fust composé d’or et de cui- « vre, ce qui n’est pas sans apparence, et sans appuy
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(( de raison; car les anciens ne sçachant pas Fart de « séparer l’argent et le cuivre d’avec l’or, sans perdre « l’argent et le cuivre, il est à présumer qu’ils en fai- (( soient pluslost que de les perdre, principalement « quand l’or se trouvoit ineslé avec une quantité no- K table d’argent et de cuivre, deux particulières es- « pèces de métal, appelant la première, où l’argent (( estoit ineslé , electrum , et l’autre où il y avoit du « cuivre, aurichalcum, quoy que quelques-uns prenc( nent quelques fois \ aurichalcum pour X electrum'^ . »
La plupart de ces suppositions se trouvent déjà réduites au néant par ce qui a été dit dans le Mémoire, le reste sera réfuté par les réponses que nous avons à faire à d’autres hypothèses ; je me contenterai de remarquer ici que Savot aurait pu enrichir la synonymie , ou plutôt augmenter l’équivoque du mot aurichalcum^ en le rapprochant de pjropus^ qui était un amalgame de cuivre et d’or, dans les proportions suivantes, les quatre cinquièmes de cuivre et un cinquième d’or, comme nous l’apprenons de Pline : « Æs in « uncias, additis auri scrupulis senis, prætenui pyropi c( bractea ignescit^ » Mais il n’a point parlé du pyrope , qui lui eût offert la véritable composition qiFil a faussement vue dans X aurichalcum par les yeux des grammairiens.