XXXIV
chalqiie, n’ait été publié qü’ en 1689, parce que cél: ouvrage posthume remonte beaucoup plus haut. Lé. grand érudit habituellement désordonné , contradictoire, s’est montré ici avec tous ses défauts, niais un peu exagérés; tâchons de recueillir et de coordonner ses idées confusément éparses.
Saumaise a d’abord voulu corriger le passage d’Aristote, cité par le scholiaste d’Apollonius de Rhodes. Jugeant que le philosophe ne pouvait avoir avancé que l’orichalque n’existât pas meme de nom, il croit qu’t)n doit lire nécessairement : ic (t'nçl [;iv uTrap/^stv to (( ovo[xa , [X'/i slvat to toutou s’k^oç, — Aristote assure « que cette espèce de cuivre existe de nom , sans (( exister de fait, » au lieu de : « [xvi^à uTrap)(^5iv to « ovo[xa, p,Yi^è TO toutou el^oç, — Aristote assure que cette {( espèce de cuivre n’existe ni de nom ni de fait. » « Verba ilia non sine vitio. Mirum enim si putasset (c Aristoteles nec exstare nomen orichalci, ut nec res a exstabat ; omnino legendum : 4»yicI [xèv, t. "X.* »
Saumaise n’a point compris la pensée d’Aristote ; le philosophe ne songeait nullement à nier que le mot orichalque n’existât dans la langue, puisqu’il s’en sert lui-méme; mais il prétendait que c’étaient là des syllabes imaginées par les poètes, et qui ne s’appliquaient à rien dans la nature : il prétendait que l’usage n’avait jamais imposé ce nom à une substance quelconque ; d’où il se croyait en droit d’affirmer que l’orichalque, en tant que réalité, n’existait ni de nom ni de fait.
Après avoir modifié la pensée d’Aristote à son gré,