De Homonym, HjL. latrieæ^ p
Fillustre érudit l’interprète encore à sa manière. On s’est étrangement abusé, s’il faut l’en croire, quand on s’est imaginé que les anciens avaient nié absolument l’existence de l’orichalque. Leur négation n’était que relative; ils niaient qu’il existât un pareil métal à l’état de corps simple, comme l’or ou l’argent; mais tous reconnaissaient un alliage de ce nom, produit par l’industrie de l’homme. Telle est l’opinion que Saumaise a développée ou plutôt délayée dans des redites qui annoncent le premier jet d’une pensée informe : (c Profecto oportet speciem aliquam fuisse cognitam « veteribus, cui hoc nomen fuerit positum. Nec eorum « rationem capio, qui ferebant nomen ipsum jactari,
« quum res ipsa non exstaret Sed nec bene intellecta
« videtur dubitatio ilia veterum quorumdam, an esset « oricbalcum. Qui hoc in dubium vocarunt, non ne- « gabant aliquid esse , quod diceretur oricbalcum ; « sed exstare bujusrei metallum inficiasibant, ut æris, ic argenti et auri inveniuntur metalla. Hoc male qui- (c dam acceperunt , quasi negaretur ab illis in totum (( aliquid esse in rerum existentia , quod vocaretur w oricbalcum; quod profecto absurdissimum. Intel- « ligebant quippe illi nullam exstare naturalem venam, « quæ daret oricbalcum, ut est quæ æs edit et aurum « argentumque. Oricbalcum igitur rem esse factitiam « et mixtam compositarnque voluerunt; æris nempe « genus aliquod, cui color ille auri quæreretur arte, « cuique nomen impositurn esset orichalciL»
Cette prétendue distinction attribuée à Aristote et à ses partisans n’est qu’une supposition gratuite et de
i. DeHomourm. Hyl. latrics^y p. 228.
tout point inadmissible. Comment croire, en effet, que si du temps d’Aristote, il existait un alliage de cuivre appelé oricbalque, le philosophe eût pris la peine d’observer que cette composition ne se produisait point naturellement, c’est-à-dire d’enseigner ce • que tout le monde savait aussi bien que lui? Il n’a donc pu vouloir marquer la différence d’un métal natif avec un alliage artificiel; et son unique but, dans cette circonstance, a été de faire justice de l’oricbalque des poètes, en le signalant comme une double chimère. Du reste, nous aurons occasion de revenir encore sur cette hypothèse que Beckmann a renouvelée.