‹ Les métaux dans l'antiquitéChapitre 201 sur 248 · Memoirs of the Literary, etc., p · texte numérisé non relu

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tfemps qu’une production naturelle, et il allègue pour raison que dans un grand nombre de mines le zinc et le cuivre se trouvent réunis, et donnent du laiton à la première fonte. Quant à l’assertion négative d’Aristote, il l’explique en disant que l’e philosophe ne niait pas ce mélange, mais qu’il soutenait seulement que l’orichalque n’existait point à Tétât simple ou pur; ce qiii, ajoute-t-il,, entendu de la sorte, est vrai, puisque l’orichalque n’est jamais qu’un alliage opéré par la nature ou par l’art. « Yerum tamen prorsus non duce bito quin aurichalcum primum quod innotuit, et « plurimum quod olim in usu fuit, aurichalcum fuerit (c non arte factum, sed naturale. Constat enim inter (t omnes, in multis fodinis ærariis zincum, quod cure prum tingit, vario modo immixtum junctumque recc periri, ita ut inde cuprum prima jam fusione luteum' « existât.... Videlicet Aristoteles negavit aurichalcum cc esse peculiare metallum simplex sui generis. Recte (( ita quidem; nam factitium est metallum, compocc situm vel natura vel arte e cupro et zinco h »

Cette hypothèse se compose, on le voit tout d’abord, de deux emprunts : l’un fait au père Kircher, pour la première partie, l’autre à Saumaise, pour la seconde, Est-ce une réminiscence? est-ce une rencontre? L’un ou l’autre sans doute, puisque Beckmann n’a nommé aucun de ses prédécesseurs. Quoi qu’il en soit, examinons son hypothèse; ce sera une occasion de compléter la critique que nous avons déjà faite des explications de Kircher et de Saumaise.

En ce qui touche la première partie, Beckmann est

1, De Mirabil, Auscult., p. 433 sq.

tombé dans un singulier abus de raisonnement, et qui suffirait pour compromettre chez lui le logicien et le naturaliste. Les anciens n’onl point parlé de deux métaux, mais d’un seul; et ce qu’ils rapportent de l’orichalque primitif ne saurait, nous Taxons montré, s’appliquer au laiton. Le docte commentateur allègue comme chose acérée {constat inter omnes) que dans plusieurs mines le zinc et le cuivre, déjà unis ensemble, ne demandent qu’une première fonte pour produire un cuivre jaune. Cela nous paraît peu croyable. Toutes les mines, en effet, où le zinc se trouve uni à un autre métal sont de seconde formation; or, les mines de ce genre exigent toujours des travaux plus ou moins considérables, comme feux de grillage réitérés et fontes successives, avant de se laisser réduire ' en bon métal. Maintenant, s’il en est ainsi, est-on bien venu à dire qu’on obtient un cuivre jaune à la première fonte, et que ce cuivre est du laiton ? N’est-il pas surtout souverainement abusif d’appeler ce produit de notre art et de nos efforts une production naturelle ? Beckmann s’appuie sur le récit d’un naturaliste, qui nous apprend que dans une province du Chili on trouve le cuivre uni au zinc, ou le laiton naturel ^ en morceaux de différentes grandeurs, adhérents à une espèce de pierre terreuse, friable, de couleur tantôt jaunâtre, tantôt vert brun : «Nelle colline délia province cia di Huilquilemu si ritrova il rame unilo al zinco, « O sia Tottone naturale in pezzi di differenti grancc dezze, aderenti ad una specie di pietra terrosa, frangi- « bile, di colore ora giallognolo, e ora verde brunoh»

1. Saggio sulla storia naturale del Chili ^ Bologna, 4782, p. 99.

Mais, maigre le terme impropre de laiton naturel employé par Molina, l’exemple n’en dit pas moins le contraire de ce qu’on lui demande. La présence des deux métaux, mélangés de terre, annonce une pyrite cuivreuse, de difficile réduction et demandant plusieurs feux pour désunir les parties terrestres d’avec les métalliques. Envisagée comme interprète de la pensée des anciens, l’hypothèse de Beckmann n’est pas moins insoutenable. Jamais les anciens ne nous ont donné à entendre que Torichalque primitif fût une composition; toujours, au contraire, ils en ont parlé comme d’une substance simple. Ce qu’ils disent ensuite de l’excellence de ce métal ne saurait, nous l’avons aussi montré, s’appliquer au laiton.

Mais le tort le plus grave du commentateur des Récits merveilleux^ c’est d’avoir, par une subtilité vraiment sophistique, prêté ses idées ou plutôt ses erreurs à Aristote. Ni les paroles du philosophe, ni l’opinion de ses contradicteurs, rapportées par le scoliaste, ni les termes mêmes dont se sert ce dernier, n’autorisent à croire un seul instant qu’ Aristote ait songé à faire la vaine distinction qu’on lui attribue entre un laiton prétendu naturel et un laiton artificiel. Il niait, nous l’avons entendu, purement et simplement, l’existence de l’orichalque, et si sa négation ne tombe pas sur le métal imaginé par les poètes, elle est sans objet.

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