‹ Les métaux dans l'antiquitéChapitre 209 sur 248 · Minéral, Hom., p · texte numérisé non relu

Minéral, Hom., p

« ciens savaient colorer les métaux par l’alliage, et « faire ce qu’on appelle des ors de couleur. Dans le « bouclier d’Achille, on voyait le sol noircissant sous « le soc de la charrue, comme la terre retournée h » On pourrait d’abord répondre que pour produire ces différentes nuances, il n’était pas nécessaire d’un alliage particulier, et qu’il eût suffi d’ombrer l’or d’un vernis, ou simplement d’en ternir l’éclat, en le rendant plus mat, ce qu’indique le sclioliaste de Venise, quand il dit : « 2/wiàv oùv elxbç syxsicÔai — Il est donc

(( vraisemblable que l’or était ombré. »

Mais laissons ces ridicules explications; comment n’a-t-on pas vu que l’on allait à la fois et contre l’intention du poète et contre le sens du mot? Si un alliage avait pu produire ces effets, il n’y aurait plus eu de merveilleux dans le travail du dieu; or, le poète donne ces effets pour un miracle; car il ajoute : « To (c ^7] T7£pl 6au[/.’ £T£TuxTo. — Cg qui était assurément une « œuvre des plus merveilleuses. )) Et immédiatement avant, pour que l’on ne se méprît pas sur le prestige opéré par le dieu, il avait dit : « Bien que cette terre « fût entièrement d’or. — > Xpucreè/i ^sp louera. » Il avait même insisté par l’adverbe Trsp, un de ces mots qu’on néglige, je le sais, mais dont la suppression affaiblit toujours, et altère quekjuefois profondément la pensée.

Après cet avertissement du poète, je ne conçois pas, je l’avoue, que l’on ait persisté à se faire illusion; et cependant, comme si l’on cherchait à s’abuser soimême, on nous allègue encore cette partie de la description : a Là Vulcain plaçait aussi une vigne pesara-

i . M inéra l, HonUj p , 177.

c( ment chargée de raisins, belle, d’or, et dont les ff grappes étaient noires; elle se soutenait sur des « échalas d’argent, qui la traversaient en tout sens. »

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Millin, toujours en vue de prouver qu’au temps d’Homère on savait colorer les métaux par ï alliage, et faire ce quon appelle des ors de couleur^ dit encore : « Vulf( cain avait placé sur ce bouclier une vigne chargée de cc raisins noirs. »

Est-il besoin de remarquer qu’ici comme précédemment le poète a voulu surtout faire prendre une idée merveilleuse de l’habileté de l’artiste, et mettre ensuite plus de variété dans son propre récit? Cette dernière observation a été déjà faite par Eustathe : u Vois, (( dit-il, l’artifice de la poésie pour établir de la variété. « J3’un côté, le sol où se trouve la vigne est d’or, et « peut-être aussi les pampres; mais les grappes sont « noires, de la même façon que plus haut noircissait « le champ labouré, tandis que les échalas sont d’ar- (( gent. — Ral opa to eiç TCOixiT^iav Teyyi'/.hv tyiç tzqv/](^s(x)ç. « To [X£V yap £(^a(^oç y puaouv, ïaosç, â’e xal va ySk4-

« (Aava * [xé'koLVzq oi Povpusç, 6i TpoTTW xal vsioç àvwTspw (( £[X£‘Xacv£To* 0.1 ^£ xa[JLax£(; àpyupaL »

Venons à des raisons plus graves. Homère nous a dit que Vulcain n’avait mis en œuvre que quatre sortes de métaux; or, si partout où nous voyons employer,

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