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au lieu de ces métaux, des couleurs pour désigner la forme extérieure des objets, nous supposons l’emploi de métaux alliés, non-seulement le poète n’aura pas atteint son but, qui est de faire contraster, au profit du divin artiste, la grandeur des effets avec l’insuffisance des.moyens, mais il nous aura lui-méme induits en erreur; car des métaux alliés forment réellement de nouveaux métaux. Ge n’est pas tout ; nous demanderons quel est l’alliage qui a su produire ici ces raisins noirs, là ces brebis blanches, àpysvvwv 6twv^, ailleurs le sang rouge dont est souillé un vêtement, slptoc r^a(poiv£ov ai[xaTt^, et plus loin le sang noir dont s’abreuvent des lions, piXav al(xcc ‘Xa(pu(7a£Tov ^ ; et l’on sera forcé de reconnaître qu’à ce compte l’antiquité aurait été pour le moins aussi habile dans la combinaison des métaux que la science moderne, et la question se trouvera par là résolue.
Mais veut- on maintenant *un échantillon de la logique de ces archéologues ? Comme ils ne prétendaient voir que de l’ambre jaune dans tous les passages où Homère parle de l’éiectre, ils en ont partout écarté l’électre désignant le composé d’or et d’argent; et leur grande raison (on ne l’aurait pas deviné), c’est que si le composé eut été connu d’Homère, le poète n’aurait pas manqué de s’en servir pour le bouclier d’Achille. Ainsi a raisonné Gesner, et, après lui, Miliin a répété : (c Si \ électron d’Homère avait été une combinaison (( métallique, il n’aurait pas manqué de la faire entrer « dans la composition du bouclier d’Achille.; puisqu’il
<( ne Ta pas fait, l’alliage nommé électron n’était pro- « bablement pas connu de son. temps ^ »
Pour nous rien de surprenant qu’Homère n’ait point employé l’électre, métal composé ; car nous soutenons qu’Homère n’a point connu Falliage des métaux.' Mais que penser du raisonnement de ceux qui, après avoir supposé le poète si bien entendu dans les combinaisons métalliques les plus habiles, lui refusent la connaissance de l’alliage le plus vulgaire, d’une composition que la nature elle-mérne offrait aux regards de l’homme ?
Ce que nous venons de dire du bouclier d’Achille, s’applique rigoureusement au bouclier d’Hercule d’Hésiode; et les raisons que nous avons données pour le premier, il faudrait les répéter pour le second.
Mais si l’électre dont parlent les deux poètes ne fut ni l’ambre jaune ni le composé d’or et d’argent, qu’était-il? Un métal d’abord. Le rôle et la place qu’ils lui donnent, le montrent déjà. On a pensé que l’électre, qui ornait le palais de Ménélas, devait être de l’ambre, à cause de la mention de l’ivoire ; mais remarquons d’abord l’ordre de ces substances : Télémaque fait admirer l’éclat du cuivre, de l’or, de l’électre, de l’argent et de l’ivoire. Souvenons-nous ensuite que les anciens furent dans l’usage de lambrisser les riches appartements avec les métaux même les plus précieux; et n’oublions pas enfin que l’ivoire est un ornement des plus anciennement connus, et que sa présence n’implique nullement celle de l’électre.
La principale circonstance que l’on a fait valoir en faveur de l’ambre jaune, c’est que l’auteur de X Odyssée