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Je crois en vérité que Fhistorien ne connaissait guère mieux la substance apportée de la Baltique que la Baltique elie-méme. Si Fambre jaune, en effet, eût été plus répandu en Grèce, est-il à croire qu’Hérodote se fût borné à cette vague et rapide mention, comme s’il se fût agi d’une fable ? Mais ce qu’il faut louer ici, c’est cet instinct de sagacité critique, qui lui a fait sentir que, si l’ambre jaune venait d’un fleuve se jetant dans la mer du Nord, ce fleuve ne pouvait s’appeler Eridan^ puisque ce nom a une physionomie toute grecque, et qu’il était dû sans doute au génie des poètes.
Cependant le nom d’Éridan n’a rien d’essentiellement poétique en soi, et il était déjà porté par une rivière de FAttique, dont Gallimaque faisait mention dans son Recueil des Fleuves (év twv IIoTa-
(7.tov) % et de laquelle Pausanias a remarqué, qu’elle avait le même nom que le fleuve d’Italie : cc ’Hpi^avcp cc TW ReT^TLaw y«aTa Ta aÙTa ovo|7.a £^c*)v ^ « D’un autre côté, Hérodote savait que bien des années avant l’importation de Fambre jaune en Grèce, Hésiode avait ciélébré un fleuve fabuleux, du nom d’Eridan\ 11 faut donc qu’il y ait ici une allusion que l’on n’a point pénétrée,