Nat. Hist., XXXVII
Mais cette explication, dans sa dernière partie, ne résout nullement les difficultés qui nous arrêtent, et elle se trouve en contradiction avec le témoignage positif des anciens, qui ne parlent nullement des Vénètes de l’Adriatique comme ayant servi d’intermédiaires aux Grecs pour le commerce de l’ambre jaune. Que les choses aient pu se passer ainsi un peu avant l’ère chrétienne, je ne le conteste pas, et alors le témoignage de Pline reprend sa valeur, et il se fortifie de celui de Tacite, qui, parlant des Æstyens, nous dit : ce Sed et mare scrutantur, ac soli omnium suc- « cinum , quod ipsi glessum vocant, inter vada atque « in ipso litore legunt. Ipsis in nullo usu ; rude legi- (c tur, informe perfertur, pretiumque mirantes acci- (( piunt\ — Ils fouillent encore la mer, et seuls de a tous les peuples, ils ramassent au milieu des bas- !c< fonds et sur le rivage meme le succin, qu’ils ap- (c pellent dans leur langue glessum. Ü ne leur est à « eux d’aucun usage ; on le recueille brut, on l’ap- « porte sans préparation, et ils sont tout étonnés du w prix qu’ils en reçoivent. »
Mais quant aux historiens d’une époque reculée, ils se contentent de signaler l’origine septentrionale de rélectre. Pline lui-méme nous apprend que Py- Théas (de Marseille) le faisait venir d’une île voisine des.Gothons, appelée Abalus; et il ajoute que Timée était du même avis, sauf que ce dernier appelait Pile Basilia % D’ailleurs l’hypothèse admise ne résoudrait nullement les difficultés qui nous arrêtent, et on se