Nat. Hist., XXXVII
demanderait encore comment il s’est fait que l’on ait place la scène de la métamorphose en Italie,
Serait-ce enfin que le Pô, appelé déjà Éridan^ aurait invité par ce nom les poètes à faire de ses bords le théâtre de leur fable? Cela ne se peut; car ce fut, au contraire, la fable qui donna ce nom au fleuve.
Les Grecs placèrent, de l’aveu de leurs plus graves historiens, l’origine de l’ambre jaune sur les bords de la Baltique. 11 n’est pas moins vrai que d’assez bonne heure les poètes tragiques, abusés par. une double équivoque, supposèrent cette origine sur les bords de l’Adriatique. Je viens de dire une double équivoque ; la première, on la connaît, c’est la Rhodaune prise pour XEridan, Mais il dut y en avoir une seconde, car la première eût été certainement insuffisante nonseulement pour déterminer, mais encore pour suggérer le choix des poètes. Où placer de préférence, en effet, cet Eridan ? Pourquoi ici plutôt que là? Quelle fut donc cette seconde équivoque? ^\\2l Rhodaune ^ selon l’ingénieuse conjecture de Wesseling, a pu se prendre pour X Eridan^ au jugement des oreilles grecques, plus aisément encore, au même jugement, les Vénèdes ont dû se confondre avec les Vénètes. Or, il y avait des Vénèdes qui occupaient la côte de l’Océan sarmatique, des Vénèdes mentionnés par Tacite* et par Pline et qui formaient un des peuples les plus considérables de la Sarmatie, des Vénèdes enfin chez qui se produisait précisément l’ambre jaune, rejeté en