‹ Les métaux dans l'antiquitéChapitre 223 sur 248 · Nat, Hist,, IV · texte numérisé non relu

Nat, Hist,, IV

abondance par la mer sur leurs côtes. Ces Vénèdes devaient donc inévitablement devenir les Fénètes, déjà bien connus des Grecs, et se transporter des bords de la Baltique sur ceux de l’Adriatique. De son côté, la Rhodaune dont les premiers Grecs, à qui elle envoya l’ambre jaune, avaient fait VEridan, devait se débarrasser de ce poétique nom, et le transmettre à un fleuve de la Vénétie, qui recevrait aussi le succin, et le répandrait sur ses rives. Or, quel autre fleuve eût été plus digne que le Padus de recueillir ce double héritage ?

Voilà, je crois, l’explication la plus vraisemblable que l’on puisse proposer de l’origine de l’ambre jaune, et de la naissance de la fable des Héliades.

Maintenant, je serai court dans la citation des passages qui parlent de l’ambre jaune, d’autant plus court que ces passages sont plus nombreux.

J’ai dit que les poètes tragiques avaient les premiers célébré la métamorphose des Héliades; mais après eux, les poètes épiques, qui s’attachaient de préférence à traiter les sujets ignorés ou négligés de leurs prédécesseurs, ne manquèrent pas d’orner leur poésie de cette fable.

Ainsi Apollonius de Rhodes a raconté la triste aventure de Phaéthon, et la métamorphose de ses sœurs, et le produit merveilleux de leurs larmes : « Et de leurs « paupières, dit-il, elles répandent sur la terre de bril- « lantes gouttes d’électre. »

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Et plus bas, rehaussant sa comparaison par une

image ingénieuse, il dit que « Leurs larmes étaient cc portées sur les eaux comme des gouttes d’huile. »

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Ainsi Quintus de Smyrne a résumé en quelques vers la meme histoire, célébrant surtout le produit de l’électre, qu’il appelle fort justement transpa-

rent^ et dont il fait même une importante possession pour les hommes^

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Ainsi Nonnus, dans le long cours de ses Dionfsiaques^ a souvent rappelé la fable de Phaéthon^; mais il nous en réservait au livre XXXVIII, un interminable récit, qui ne comprend pas moins de trois cents vers, tout un mortel chant, comme il s’entend si bien à les faire.

Ai-je besoin de rappeler que l’aventure de Phaéthon et de ses sœurs a servi de sujet à une des plus brillantes Me'tamorphoses à'Osïàe'^ Le poète latin est tombé sans doute dans la même intempérance que Nonnus, car, pour développer sa matière, il n’a pas dépensé moins de trois cent quarante-sept vers\ Mais par combien de qualités il a’ racheté ce défaut ! et comme il a laissé loin derrière lui, par sa fécondité inventive, sa grâce facile et son esprit varié, la verbeuse abondance et l’ennuyeuse prolixité du poète grec!

Les versificateurs géographes, de leur côté, n’ont

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