DACTYLES
Rivalité entre la Crète et la Phrygie. — Documents pour l’histoire des Dactyles ; la Phoronide, les Theologoumena de Strabon. — La Crète et la Phrygie regardées tour à tour comme leur séjour primitif; avantage en faveur de la Phrygie. — Origine des Dactyles; l’allégorie commence à s’emparer d’eux. — Faux jugement de Lobeck redressé. — Les Dactyles sont des métallurges; on le prouve par l’histoire et par les lieux qu’ils habitèrent, tous féconds en métaux, tels que la Phrygie et les îles de Crète, de Chypre et de Samothrace. — Ils représentent les rudiments de la métallurgie.
Nouvelle histoire des Dactyles tout entière éclose de l’abus du nom. — Appelés magiciens. — Dactyles mâles et Dactyles femelles. — Ils peuvent envoyer des maléfices et les retirer. — Ils passent pour inventeurs des lettres éphésiennes. — On les confond avec les dieux Lires; ils passent pour inventeurs de la musique instrumentale et les maîtres d’Orphée. — Explication de ces divers rôles. — Conclusion.
Dès le début, se fait jour une rivalité qui se reproduira très-souvent dans le cours de l’histoire que nous entreprenons, la rivalité entre la Crète et la Phrygie. Nous en devons dire ici un mot et en signaler la cause. A une époque reculée, il y eut entre les deux pays des rapports de colonisation. De quel côté étaient venus les fondateurs? Le plus grand nombre des témoignages se prononce en faveur de la Crète ; je crois cepen- ‘ dant que, si l’on poussait jusqu’à l’extrême origine, l’avantage resterait à l’Asie. Ce qu’il y a de sûr, ce sont
les antiques rapports; ils seraient déjà suffisamment attestés par les nombreux traits de ressemblance qui existèrent entre les deux contrées. Les colons cherchaient à retrouver sur la terre où ils s’étaient transplantés une image de celle qu’ils venaient de quitter, et redonnaient des noms connus aux lieux et aux objets nouveaux. C’est ce qui arriva dans cette circonstance, mais c’est ce qui devait aussi amener plus tard de fâcheuses confusions dans Thistoire des deux pays. Les anciens eux-mêmes ont signalé la ressemblance pour se plaindre des équivoques. Démétrius de Scepsis, reprochant à quelques critiques une confusion de ce genre, ajoute ; « Il se peut aussi que l’homonymie des « lieux ait contribué, pour une égale part, à leur « erreur. Le mont Ida est, en effet, commun à la Troade {< et à la Crète, et le lieu que l’on appelle Dicté, dans « la Scepsie, est aussi une montagne dans la Crète; (c Pytna est une colline de l’Ida, d’où la ville d’Hiéra- « pytna en Crète. Il y a Hippocorona dans l’Adramyt- « tène, et Hippocoronium en Crète. Samonium est un (f promontoire du côté oriental de l’île, et c’est une « plaine dans la Néandride et le pays des Alexan- « dréens. — npoç toûto x.al tôv tottwv o[jE.ct)vup!.tav « au|Jt.7rpà$ai t(7ü>ç aÙTOiç. 'y’àp to opoç to TsTpwïx.ov
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L’homonymie, qui embarrassait les anciens, nous