‹ Les métaux dans l'antiquitéChapitre 5 sur 248 · Ap. Strab., X, p · texte numérisé non relu

Ap. Strab., X, p

arrêtera aussi plus d’une fois dans ce travail, et nous allons la rencontrer en commençant. Il s’agit, en effet, de savoir quel fut le point de départ des Dactyles, et pour cela, il faut décider entre les prétentions de la Phrygie et de la Crète.

Nous possédons, pour l’histoire des Dactyles, deux documents d’une grande importance. Le premier est un fragment du poème intitulé la Phoronide , morceau de poésie d’un prix inestimable et d’une antiquité qui ne le cède qu’à celle d’Homère et d’Hésiode. Il nous a été conservé par le scoliaste d’Apollonius de Rhodes, qui, dans une note érudite sur les Dactyles Idéens, s’exprime ainsi : « C’étaient des enchanteurs « et des magiciens. On dit que les premiers ils tract vaillèrent le fer et exploitèrent les mines Voici

« ce que le poète , qui a composé la Phoronide, K écrit :

(c Là les enchanteurs de l’Ida, les Phrygiens, hommes « montagnards, avaient fixé leur demeure : Celmis et « le grand Damnaménée et l’irrésistible Acmon, ser- « viteurs industrieux de la montagnarde Adrastée, qui « les premiers trouvèrent dans les bois des montagnes « l’art de l’ingénieux Vulcain, le fer noir, et le porte tèrent au feu, et produisirent une œuvre des plus te remarquables. »

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Le second document nous est fourni par Strabon. Dans un très-curieux chapitre intitule 0£o7opu[y,£va {Recherches théolo^iques), le savant géographe a résumé avec une brièveté substantielle, mais trop concise et aussi trop désordonnée, les traditions mvthiques relatives aux Génies métallurges dont nous devons nous occuper. Toutefois, tandis qu’il mêle, qu’il enchevêtre, on pourrait dire, ces personnages, déjà fort peu distincts, comme s’il les voulait rendre dans toute leur équivoque, il a, par une exception unique, consacré un paragraphe particulier aux Dactyles. Nous ferons usage de tous ces détails, en les rétablissant à leur place convenable.

Interrogeons d’abord le fragment de la Phoronide, Il appelle les Dactyles enchanteurs ^ nous reviendrons plus bas sur cette qualification, et il les dit Phrygiens, La plus ancienne autorité se prononce donc en faveur de la Phrygie. Il est vrai que l’on oppose Hésiode : Hésiode avait composé un poème sur les Dactyles Idéens dont il ne reste aujourd’hui aucun fragment, mais qui a été quelquefois allégué en témoignage de certains faits. Or, Pline nous dit: c< Aristote pense que « Scythès le Lydien enseigna Part de fondre et d’allier « l’airain; Théophraste pense que ce fut Délas le c( Phrygien; quelques-uns attribuent le travail de « l’airain aux Chalybes., d’autres aux Gyclopes ; Hésiode « pense que les Dactyles (ju’on appela Idéens décou-

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