‹ Les métaux dans l'antiquitéChapitre 41 sur 248 · IV · texte numérisé non relu

IV

lorsque deux héros tinrent s’asseoir parmi ces dieux, et s’associer à leurs honneurs. Grâce au récit de Diodore de Sicile, nous pouvons assister en quelque sorte à l’apothéose des Tyndarides et à leur intronisation dans l’île sacrée.

Les Argonautes ayant été assaillis d’une violente tempête, « On dit qu’Orphée, le seul de ses compa- (( gnons de navigation qui eût été admis à l’initiation, c( fit des vœux pour leur salut aux dieux de la Samo- « thrace. Et le vent s’étant aussitôt apaisé, et deux <( étoiles s’étant posées sur la tête des Dioscures, tous « fui ent frappés du prodige, et pensèrent qu’ils avaient i( été préservés du danger par la providence des « dieux. De là vient que, l’événement s’étant transmis « par la tradition aux générations suivantes, l’usage c( s’est établi parmi les navigateurs battus de la tempête a d’adresser des vœux aux dieux de la Samothrace, et a d’attribuer l’apparition des étoiles à la manifestation « des Dioscures. — ’Opcpsa vri.ç [;.ovov twv

« gu[7.t:7^sovtojv [j.sTscyviy-OTa, TUOiYiaacGai. toïç Taç

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Examinons les circonstances du prodige. Des vœux sont adressés aux dieux de la Samothrace, pour obte-

i . IV, 43.

nir le calme de la mer,' et ces vœux sont exaucés. Mais au meme instant, une étoile brille sur la tête de chacun des deux héros, Castor et Pollux ; et ce signe va être désormais nécessaire pour annoncer la ratification divine en pareil cas. L’apparition des deux jumeaux devient donc une confirmation de l’accomplissement du vœu, un gage indispensable pour rassurer le navigateur sur le succès de sa prière. L’existence des Dioscures se trouve donc fatalement liée à celle des dieux qui pacifient les tempêtes.

Nous ne les avons pourtant pas encore vus déifiés, et les deux héros ne sont encore pour nous que les Tyndarides ; mais complétons le récit de Diodore, en nous transportant quelques chapitres plus loin.

Les Argonautes ont été de nouveau assaillis par la tempête : « Mais Orphée ayant adressé des vœux,

« comme la première fois, aux dieux de la Samothrace,

« les vents cessèrent, et celui qu’on appelle Glaucus w marin apparut auprès du vaisseau. Et il prédit d’acc bord à Hercule ses travaux et son immortalité, et « ensuite aux Tyndarides, qu’ils seraient appelés Dios- « cures, et qu’ils obtiendraient auprès de tous les « hommes le même honneur que les dieux. — Tou (( ’Opçpectx;, x-aGaTuep xa.1 'irpovepov, 7UOi7](7ap(.£vou toïç,

<( 2apLo6pa$i, Iri^iXL {/.èv touç àvspr.ouç, «par^vat tt]ç

« v£Ct)ç Tov TTpoda'yopeuo'pt.svov bocldcTTiov D^aujcov. Toutov « TrposiTTstv u,èv 'Hpax.7^£t irspl tôv ôcBlojv x,al àOavaotaç*

(( TOLç Tuv^apiâatç, oTt, TupooaYOpeuôriaovTai p/.ev Atoa>coupof.,

« icoBéou Teu^ovTat Tcapà Tràoiv àv6p(67uotç‘. »

L’oracle de Glaucus s’accomplit, et les Dioscures

i. IV, 48.

furent invoqués, comme les Corybantes, dans les moments critiques\ Et on les confondit tantôt avec ces derniers, tantôt avec les Curètes, quelquefois avec les Cabires. Pausanias ayant vu à Brasiæ, dans la Laconie, trois statuettes d’airain, ne savait si on les regardait comme les Dioscures ou les Corybantes ^ 4 Amphissa, dans la Phocide, on célébrait des mystères en l’honneur des enfants Anaces, et Pausanias nous dit qu’au rapport des uns, ces Anaces désignaient les Dioscures, au rapport des autres, les Curètes : tc Et ceux qui « croient savoir quelque chose de plus, ajoute-t-il, (c disent que ce sont les Cabires. — Oi xléov Tt lizi- « azcccQcn vo[aiÇovt£ç, Kaêeipouç léyouGiv^, »

Voilà donc les Dioscures reçus dans le sanctuaire de la Samothrace, et nous connaissons maintenant le lien qui les rattache aux dieux qu’on y adore. Si la tradition les mit plus particulièrement en rapport avec les Cabires, la cause en est dans la prépondérance que ceux-ci avaient acquise ou plutôt usurpée sur leurs frères, prépondérance qu’il leur fallut, par une vicissitude dont les dieux memes ne sont pas affranchis, abandonner aux derniers venus, aux Dioscures.

Le baron de Sainte-Croix , qui a consacré aux Cabires le premier chapitre de son livre, et qui cependant n’a presque rien touché de ce que nous avons dit sur ces Génies, si ce n’est pour rappeler leurs noms mystiques, se borne à dire sur les Dioscures : « Les (( Argonautes, battus d’une violente tempête, firent

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