‹ Les métaux dans l'antiquitéChapitre 44 sur 248 · CORYBANTES ET CURÈTES · texte numérisé non relu

CORYBANTES ET CURÈTES

Raisons qui ont obligé de réunir les Corybantes et les Curètes sous un même chapitre.

Corybantes; leur origine. — Primitivement établis dans la Troade. — Us se rendent en Samothrace. — On les a fait venir aussi de la Bactriane et de la Colchide, contrées riches en métaux. — II» séjournent en Eubée. — On les voit à Chypre, patrie du cuivre. — Ils visitent la Crète.

Curètes; leur origine. — Leur première résidence est-elle la Phrygie ou la Crète? Division des anciens sur ce point. — On prouve qu’ils étalent Phrygiens . — Rôle particulier qui les distingua des Corybantes. — Ils se rendent en Samothrace, dans la Crète et dans l’Eubée. — Fécondité de cette dernière île en fer et surtout en cuivre. — Les Corybantes et les Curètes firent les premiers des boucliers, des casques et des lances.

Les Corybantes et les Curètes confondus et donnés comme identiques par quelques auteurs. — Moyen de démêler leur ambiguïté indiqué par Strabon. — Ils marquent un perfectionnement dans l’art métallurgique.

Représentez-vous deux courants sortis d’une même source, allant d’abord parallèlement, réunissant ensuite leurs eaux, se séparant encore, et enfin se confondant une dernière fois pour disparaître ensemble, et vous aurez une image assez fidèle de l’iiistoire des Corybantes et des Curètes. Ce sont les membres les plus intimement unis de la famille que nous étudions, unis parfois jusqu’à ne pouvoir être divisés , parfois

assez distincts pour garder une sorte d’individualité. De là résultait l’impossibilité de les considérer séparément, comme aussi de les réduire à un même personnage. J’ai suivi leur existence dans tous Ses accidents; j’ai réglé ma marche sur le cours de leur destinée.

CORYB ANTES.

Voici les plus populaires dès Génies mystérieux dont nous cherchons à pénétrer le caractère primitif. Ils durent cette célébrité à la musique bruyante et. aux danses fanatiques qu’on leur faisait exécuter : leurs mouvements devinrent des termes de comparaison, et leur nom une métaphore de la langue. Ces attributions finirent même par prévaloir à tel point qu’elles effacèrent presque le caractère primitif. Suivons cependant le guide que nous avons choisi. Ce sera la première fois sans doute que la géographie physique aura conduit, en indiquant les productions du sol, à la solution d’une question mythique et religieuse; mais, si elle nous conduit sûrement, l’exemple sera bqn à suivre.

Phérécyde , selon Strabon , faisait les Corybantes fils d’Apollon et de Rhytie , et il en comptait neuf : « <t)£p8X.u^7i(; (^’ ’AtcoX^ojvoç zal 'PuTia; KoouêavTaç « £VV£ah »

Au dire d’Apollodore, les Corybantes naquirent de Thalie et d’Apollon : « ©«‘Xeiaç %cà A.tuo77wvoç eyevovro « KopuêaVTSç^. ))

Tzetzès a reproduit cette opinion dans les mêmes termes \

Évidemment la musique des Corybantes, qui influa tant sur leur destinée, leur fit supposer cette origine. « Cependant, nous dit Strabon, quelques-uns encore « prétendent que les Corybantes sont fils de Saturne, « d’autres de Jupiter et de Calliope, étant les mêmes « que les Cabires. — '^Eti Kpovou tivsç toÙç RopuêavTaç, « al'Xoi TOU Aloç x.at Ra'XltoTcyiç cpacl , Toùç aÙTOù; toTç « Raêsipot; ovraç^, »

Ce dernier membre de phrase a paru embarrassant à Lobeck : « Quo loco et in tota Strabonis relatione « molesliam nobis facessit vox ambigua ol aÙTot*. » Mais l’identité ne portait dans l’esprit des anciens critiques que sur le rôle principal et le caractère essentiel de ces personnages ; or, à cet égard , ils étaient dans le vrai. C’est ce que nous voulons montrer, et ce que n’a pas vu ou n’a pas voulu voir Lobeck, guide peu sur et peu sincère dans l’histoire des religions antiques.

Le lieu de leur première résidence fut la Troade ; on le peut induire du passage suivant de Strabon : « Les lieux , dit-il, consacrés au culte de ces Génies-là « sont inhabités, comme, par exemple, leCorybantion, « dans l’Hamaxitie, actuellement du territoire des cc Alexandréens, près de Sminthion, etCorybissa, dans « la Scepsie. Et il ^est vraisemblable , prétend Démé- « trius de Scepsis, que les Curètes et les Corybantes te sont les mêmes, qui, jeunes garçons et adolescents,

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