‹ Les métaux dans l'antiquitéChapitre 55 sur 248 · T. 1, p. 440, ed. Dind · texte numérisé non relu

T. 1, p. 440, ed. Dind

longer, et que l’on pourrait compliquer des prétentions de plusieurs peuples^, aboutit à ce résultat : le plus grand nombre des témoignages fait naître et élever Jupiter dans l’île de Crète, et lui donne les Curètes seuls pour serviteurs.

De là on serait porté à conclure que vraisemblablement les Curètes furent Crétois ; mais ce serait une illusion. Je crois pouvoir établir, et par un témoignage qui ne sera pas suspect, que ces serviteurs étaient Phrygiens. Il n’est pas de peuple assurément qui fût plus intéressé que les Crétois à faire naître les Curètes aussi bien que Jupiter dans leur île ; voici cependant ce que nous lisons dans Stràbon : « Dans les histoires « crétoises , les Curètes sont dits nourriciers et garce diens de Jupiter, qui furent appelés par Rhée de la (c Phrygie en Crète. — ’Ev toïç KpviTixovç Xoyoïç ofKoucc Aïoç Tpocpsiç T^syovT.at x.al eiç Kp7]V/)v ix. ^>pu-

<c yiocç [/.STa7T£|X^0£V'T£<; U7U0 T.7]'ç "Piaeç \ »

Après avoir donné le jour à Jupiter dans la Crète, Rhée fit donc venir de la Phrygie, du siège principal de sa puissance, des Curètes pour élever et protéger son jeune fils, et lui aider à elle-même à déjouer la voracité de Saturne. Rappelons-nous maintenant l’imposant témoignage de l’auteur de la Phoronide, et nous aurons tout droit de conclure que, comme les Corybantes, les Curètes étaient Phrygiens.

1 . « Il serait impossible, dit Pausanias, à celui-là même qui s’y .« appliquerait avec soin, d’énumérer tous les peuples qui pré- « tendent que Jupiter est né et a été élevé chez eux. — Flàvxaç « xaTaptôjx7)Gaa6ai xat TrpoôufxriOevTt a-rropov, ôtcogoi 6éXouai

a xai xpacpyivat -reapa ffcptai (IV, 33, 2), «

Ici je ne dois pas négliger de rappeler une tradition peu connue, qui voulait que EUiée, après avoir donné le jour à Jupiter en Crète, eût chargé trois Crétois assermentés de transporter le divin enfant dans la Plirygie ; nous trouvons cette tradition chez un poète sibyllin. « Rhée, dit-il, mit au monde un « enfant mâle, qu’elle envoya promptement en Phry- « gie,afin qu’on l’y élevât en secret et à l’écart, après « avoir choisi pour cette mission trois Crétois engagés « par serment. »

‘PêT) xéxev àpasva uaiSa,

Tov T(xyJo}<; 8i£U£(i.'j'£ Àotôpv) oe Tp£cp£a6at,

’Eç <l>puyÎYiv, Tpelç avopaç Ivôpxooç Kpyjxaç âXoüaa^.

Cette précaution de la déesse ressemble beaucoup à la défiance , et fait songer an proverbe qui avait cours contre les Crétois : KpviTe; àsl : Les Cre-

tois sont toujours menteur s°^

Mais si les Corybantes et les Curètes eurent une meme patrie , jouèrent-ils aussi le même rôle auprès de Jupiter ? Nous avons avancé que le plus grand nombre des témoignages donnait au dieu enfant les Curètes seuls pour serviteurs; c’est un point que nous sommes tenus, avant d’aller plus loin, de mettre pleinement en lumière, car il constitue une des principales différences qui séparent ces Génies entre eux.

Déjà nous avons entendu Aristide nous parler à deux reprises des Curètes comme seuls chargés de veiller sur l’enfance de Jupiter; écoutons Âpollodore*

t. Or acuta Sihyll.^ III, 138 sqq.

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