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lurgie. Us marquent aussi un progrès sensible dans cet art. Jamais jusqu’ici nos métallurges n’avaient rien exécuté de si délicat ni de si élégant ; et même l’on pourrait induire de la sonorité des armes que faisaient retentir les Corybantes et les Gurètes, qu’ils connaissaient déjà l’alliage du cuivre avec l’étain. Clément d’Alexandrie nous a dit : « Celmis et Damnainénee,
« deux Dactyles Idéens, découvrirent les premiers le c( fer à Chypre, et Délas,, un autre Idéen, trouva l’al- « liage du cuivre. » Quel est ce Délas ? Il désigne sans doute un Corybante ou un Curète ; dans tous les cas^ on doit voir en lui un membre de cette famille h
Si quelque lecteur, curieux des matières que nous traitons, jetait les yeux, après avoir parcouru cet article, sur de certains ouvrages où l’on s’est occupé du même sujet, il trouverait sans doute que nous avons appauvri le rôle de nos métallurges, des Curètes surtout, de plusieurs attributions importantes. On les a transformés, en effet, en cultivateurs, en civilisateurs . et même en astronomes; mais par quels moyens? Par des moyens qui ne sont pas à notre usage : en confondant les Curètes peuple avec les Curètes missionnaires de Rhée, bien que Strabon eût mis en garde contre cette confusion, ainsi qu’on le verra à l’article des Telchines ; en donnant des inductions arbitraires pour des faits positifs ; enfin, en prêtant aux auteurs ce qu’ils n’ont dit ni voulu dire.
] . Dans le traité su?' V Oi'ichalque ^ je prouve, d’après des textes historiques, que Talliage du cuivre avec le zinc doit remonter au moins au milieu du quatrième siècle avant l’ère chrétienne; du passage de Clément d’Alexandrie il résulterait que l’alliage du cuivre avec l’étain doit remonter à la plus haute antiquité.
Si nous ouvrons, par exemple, le livre de Sainte- Croix, nous y lisons: « 11 paraît certain que les Curètes (c défrichèrent les premiers Tîle de Crète et travaillè- « rent à en civiliser les habitants. On leur attribuait (c meme des connaissances en astronomie h » Ne lui demandons compte que des connaissances en astronomie ; où a-t-il fait cette découverte ? Il nous renvoie, dans sa note , aux scholies de Théon sur les Phénomènes d’Ai atus, au vers 35. Je [ii’adresse d’abord au poète, et j’y vois que Jupiter, reconnaissant des soins dévoués de ses deux nourrices, les plaça dans le ciel, où elles formèrent les deux constellations de la grande
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et de la petite Ourse. J’interroge ensuite le scholiaste, et j’y vois le développement de la fable mythologique, et j’y retrouve quelques-uns des détails que nous avons donnés, d’après des autorités plus compétentes, sur le rôle de nos métallurges auprès de Jupiter enfant. Mais, pour ce qui est des connaissances en astro- ' nomie^ pas un mot qui les rappelle de près ou de loin. Quelle idée se faire d’une pareille érudition ? Elle ressemble beaucoup à une tromperie , et il faudrait la caractériser durement, si l’on ne nous assurait que l’érudit fut un galant homme.
Ici je dois à mes lecteurs une petite explication. Si je relève de temps en temps, dans les Mystères de Sainte-Croix, quelques-unes des erreurs qui s’y trouvent en foule, c’est qu’elles ont passé de là dans beaucoup d’autres livres, et notamment dans un ouvrage qui aurait suffi pour les mettre en crédit, la Symbolique de Creuzer. Creuzer, en effet , a pris dans les
i, P. SJ de la édit., et t. I, p. 69 de la 2®.
Mystères de Sainte-Croix le fond de sa doctrine ; ce n’est pas moi qui le dis, c’est un Allemand , qui fait sans détour ce reproche à son compatriote, c’est Lobeck : sa haine pour le symbolisme a été plus forte que la prévention nationale, qui n’a pas habituellement tant de franchise. En commençant à parler des mystères d’Eleusis, il annonce qu’il se dispensera dorénavant de citer sur ce sujet le nom de Creuzer, qui ne fait que suivre partout pas à pas Sainte - Croix : « Kreuzerum, qui in omnibus San- (c crucium pedetentim sequitur, in bac causa postea « non nominabob »
Ailleurs, il va jusqu’à transformer ce même Creuzer en pedisequus de Sainte-Croix, l’esclave qui marche à la suite du maître : u Creuzerus , Sancrucii pedise- « quus^ »
Mais croyez-vous que Sainte-Croix à son tour n’ait pas suivi pas à pas quelque prédécesseur? Écoutez un autre Allemand , qui l’appelle tout crûment un pillard : « Voyez, dit Boettiger, Sainte-Croix, qui pille « Fréret. — Siebe Sainte-Croix, der den Freret plün- « dert^ ))
Et admirez ensuite l’équité de Lobeck ! Comme il détestait Boettiger plus fortement encore que le symbolisme, il ferme les yeux sur le flagrant délit et repousse avec indignation bien loin de Sainte- Croix cette accusation de plagiat,» la plus offensante qui se puisse diriger contre un homme d’honneur : « Ab hoc crimine plagii, quo homini ingenuo ni-