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ner tous, il revienne encore à son point de départ. La tradition, ou plutôt les traditions, qui ne faisaient de tous nos métailurges qu’une meme famille, tout en chargeant les divers membres de celte famille de représenter les perfectionnements successifs de l’art, ne s’inquiétèrent pas souvent de leur attribuer aux uns et aux autres l’invention primitive. Songeons que nous avons affaire ici non à une histoire critique, suivie et conséquente, mais à une simple transmission de souvenirs plus ou moins effacés des anciens âges. 11 ne faut donc pas s’arrêter à la mesquine chicane de Lobeck, qui, pour infirmer le témoignage d’Eustathe, allègue que les autorités les plus considérables n’ont jamais fait les Telchines inventeurs des métaux t « Ve- (c rum locupletiores auctores Telchines metalla inve- « nisse nesciunth » Étaient-elles mieux fondées ces autorités à dire que les Telchines travaillèrent les premiers le fer et le cuivre? Non, sans doute; et cependant nous venons d’entendre Strabon, qui a mis ainsi les Telchines en concurrence avec les Dactyles, car il avait dit précédemment : « Sophocle « pense que ce furent les cinq premiers Dactyles « mâles cjui découvrirent le fer, et le mirent en œuvre « les premiers. »
Voyons les Telchines artistes. Leur gloire fut grande dans l’antiquité, et leurs œuvres admirées et vénérées. Ce sont eux qui fabriquèrent la fatale faux de Saturne et le puissant trident de Neptune. Strabon, après leur avoir fait honneur de l’invention du fer et du cuivre, continue : « Et l’on dit notamment qu’ils fabriquèrent
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(c meme la faux de Saturne» — Kal ^rj xal tviv àpTTYiv <pacrl « TW Kpovw ^Yi[xioupy?iGai. » Eustathe : « On leur attribue « aussi la fabrication de la faux qui servait à Saturne. « — jVvaTiOsTai aOToiç xal '/i y,aTaG'/»£i>'/i tti:; xarà tov Kpo- « vov ap7T7iç\ » Quant au trident. Callimaque nous peint le dieu des mers frappant les montagnes « Avec l'arme c( à trois pointes que lui fabriquèrent les Telchines. »
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A propos des deux dernières citations, Lobeck s’est permis de dire que ce sont là des fictions de fraîche date, vu que l’antiquité chargea les Cyclopes de la fabrication des armes des dieux : « Novitio utrique com- « inento; nam antiquitas fabricandis deorurn armis « Cyclopes præfecit ^ »
Pourquoi ne pas citer aussi Strabon ? Lobeck n’a point parlé de Strabon. N’est-ce pas ensuite chose curieuse que de lui voir donner une leçon de mythologie à Callimaque? Quelle irrévérence y avait-il donc à mettre les Telchines sur la meme ligne que les Cyclopes? Un poète latin, véritable Alexandrin pour l’érudition mythologique, a sans scrupule, nous le verrons bientôt, savamment associé nos métallurges nob-seulement aux Cyclopes, mais à Vulcain luiméme.
Les Telchines ne se bornèrent pas à fabriquer ces armes divines, ils firent encore les statues de plusieurs dieux. « On dit, au rapport de Diodore de Sicile, qu’ils