Ad II. N^, 435, p. 940, et ad Odyss. A', 54, p
riques. Toutefois, gardons-nous d’une confusion où l’on est tombé jusqu’à présent ; gardons-nous de mettre toutes ces accusations à la charge de nos métallurges : une bonne part doit resler à leurs homonymes, aux Telchines, qui peuplèrent les premiers l’ile de Rhodes. Mais, pour lâcher d’éclaircir un peu une obscurité qui sera trop souvent indébrouillable, essayons de donner quelques détails historiques sur ces primitifs habitants de l’île.
Ceux-ci paraissent être venus du Péloponnèse. Us y étaient établis, lorsque Phoronée entreprit de les chasser. Les Telchines résistèrent avec un courage opiniâtre; mais, vaincus, ils furent contraints d’abandonner la presqu’île, et allèrent fonder Rhodes. Ces détails nous sont donnés par la Chronique d’Ensèbe, et confirmés par Paul Orose : « Telchines, dit la Chro- « nique^ et Caryatæ adversum Phoroneum et Parrhafc sios instituunt hélium. — Telchines vicli Rhodum « condiderunt, quæ prius Ophiussa vocabatur^ » Paul Orose, avec une variante de nom propre et l’addition d’une épUhète destinée à caractériser la résistance des felchines (pervicax, opiniâtré)^ nous dit semblablement : « Telchines et Carpathii pervicax præliuni ad- « versus Phoroneum et Parrhasios gesserunl. lidem- « que Telchines et Carpathii post paululum bello victi, « patria profugi, Rhodum insulam, quæ Ophiussa anf( tea vocabatur, quasi tutam possessionem ceperunP . »
Au bout d’un certain temps, mais qui paraît avoir été assez court, si l’on peut tirer cette induction des
\ . Chronic.^ p. 273 sq., ed. Mai et Zohrab.
dernières paroles d’Orose : « Ils prirent l’île de Rhodes, « comme une possession qui leur semblait sûre, » les Telchines éprouvèrent le sort qu’ils avaient eu dans le Péloponnèse. Les Héliades, peuple dont l’origine est inconnue, s’emparèrent de Rhodes et en expulsèrent les possesseurs. « Après les Telchines, nous dit Stra- « bon, les Héliades, selon les traditions mythiques, « occupèrent l’île. — Mevà toùç TekjivoLç ot 'HliaSai « [jLuOsuovTai. y.ocTOLüjjXv v’^cov^. »
Mais cette fois encore, les Telchines ne cédèrent le terrain qu’après une opiniâtre résistance. Il paraît meme qu’exaspérés par leur défaite, ils cherchèrent à rendre inhabitable la terre qu’ils ne pouvaient plus habiter. Je démêle ces particularités dans le récit équivoque des auteurs; et celui qui me laisse entrevoir la réalité historique le plus distinctement, ce n’est pas, comme on le pourrait croire, un historien ou même un scholiaste, c’est le poète le plus essentiellement ami de la fiction, c’est Nonnus.
Parmi les auxiliaires de Racchus pour l’expédition de ITnde, les Telchines tiennent une place considérable. Le poète les fait originaires de Rhodes, et il en nomme trois, qui sont nos métallurges; mais il leur a prêté des actions qui ne conviennent évidemment qu’aux Telchines du Péloponnèse. Voici ce qu’il dit :
’HXôs Auxoç, xai KsXfxiç la.eff'jtsTO Aapt,va[A£vy)ï,
TXY)7roXs(xou (j.STot yoLÏOLV àXtTrXavc'e; [xsxavacTai,
Aaifxoveç aYpovofxot, [xaviojSssç, ouç Ttàpoç auxoi, lïaxptpvjç déxovxaç (XTroxpt.'iiiavxEc; dpoüprjc;,
0piva^ (jÙv Maxapyjï, xai dyXabç ^Xaffev Auyy);,
d. XIV, p. 654.
Yies; "’HsXtoio. Aiwxofxsvoi Ss Ti6>ivr);^,
Xspai papu^'iqXoïaiv dpuopiEvoi XTuyoç 5S(op,
’AffTcopov EuxdpTToio 'PoSou 7To(y)(7av àX(or)V,
YSaat TapTapioicri iTepip^aivovTsç apoupaç
« Arriva Lycus et Celmis, qui suivait Darunaménée, « errant sur la mer, après avoir été bannis de la terre « de Tlépolème; Génies habitants des champs, sem- « blables à des frénétiques; eux qu’auparavant expul- « sèrent, après les avoir arrachés, malgré leur résis- « tance, à leurs champs paternels, les fils du Soleil, « Thrinax et le brillant Augé avec Macarée. Mais ainsi « expulsés de la terre nourricière, puisant de leurs « mains funestement envieuses de Peau du Styx, ils « rendirent stériles les champs de la fertile Rhodes, « en arrosant partout les campagnes de ces eaux in- « fernales. »
Si ce récit n’indiquait une lutte de deux races ou de deux peuples, se disputant la conquête d’un pays et possédant les forces nécessaires pour se faire la guerre, ce récit serait d’une choquante invraisemblance; or, jamais nos métallurges n’eurent l’ambition ni les moyens de jouer un pareil rôle.
Strabon, dans un passage qui sera cité plus loin, et où les Telchines de Rhodes sont confondus avec nos métallurges, a rappelé aussi la résistance désespérée des premiers.
1. Bien que Ton puisse et que l’on doive, en laissant TtÔï^vyjç, construire ce mot avec *PoSou, j’aimerais cependant mieux lire xi- 6-/iv7)v, et traduire : « Poursuivant leur propre nourrice, » tournant leur fureur contre la terre même qui les éleva. La phrase serait plus correcte et la pensée plus poétique.