‹ Les métaux dans l'antiquitéChapitre 77 sur 248 · Ad II. N', 435, p · texte numérisé non relu

Ad II. N', 435, p

<( d’Àctéon en hommes, et cela, à cause de la dureté « de leur naturel, qui allait jusqu’à faire dire par « la fable qu’ils envoyaient des fléaux et qu’ils pas- « saient pour posséder une coupe dans laquelle, mé- « lant des racines , ils prépai aient des breuvages ma- « giques. On les regardait aussi comme des êtres « amphibies et étranges par leurs formes, les croyant « semblables en partie à des divinités, en partie à des « hommes, en partie à des poissons, et en partie à « des serpents. »

Cette assimilation des Telchines à des poissons nous conduit à une autre fiction qui vient immédiatement après dans Eustathe, et qui ne me paraît plus convenir à nos métallurges, mais bien aux Telchines, habitants primitifs de Rhodes ; la voici : « Mu- « 6oç x,al ajç^stpaç aÙTwv £viouç slvat kolI àVo^aç xal avà

« p.£GOv TÔv ^a>tTu};(t>v $£p(/.aTa eyeiv JcaTot X*^vaç. — La « fable veut encore que quelques-uns d’entre eux « aient été sans mains et sans pieds, et qu’ils aient eu « entre le milieu des doigts des membranes comme « des oies. »

Cette allégorie, en effet, qui transforme les hommes en oiseaux aux pieds palmés, n’a rien d’injurieux et peut caractériser métaphoriquement un peuple créé par la nature pour voguer sur les mers; mais nos métallurges, nous l’avons dit, n’étaient point des marins et n’y prétendaient pas. Du reste, notre distinction va nous servir à expliquer plus sûrement quelques traditions que l’on n’a pas encore essayé d’éclaircir, et dont Lobeck cherche à tirer parti pour répandre sur nos études une incertitude décourageante.

Dans Ovide, il est dit que Jupiter, en haine des Tel-

chines et de leurs maléfices, les submergea ainsi que rîle de Rhodes avec les ondes de son frère :

Phœbeamque Rhodon et lalysios Telchiiias,

Quorum oculos ipso vitiantes omnia visu Jupiter exosus, fraternis subdidit undis*.

S’il s’agit de nos métallurges, comment croire que ces Génies, chargés, dit-on, nous l’avons entendu, de protéger l’enfance de Jupiter ou de Neptune, aient précisément péri de la main de ces dieux? Cette haine ne se concevrait pas ; mais tout s’explique, s’il s’agit des autres Telchines. Jupiter est venu en aide aux Héliades, à la race privilégiée d’Apollon, et l’a mise sans lutte en possession de l’île.

Une tradition rapportait que les Telchines, anciens possesseurs de Rhodes, avaient, en prévision d’une inondation, abandonné leur île, comme l’a raconté Diodore, ou qu’ils avaient péri submergés par un cataclysme, comme vient de le dire Ovide.

Une autre tradition admettait qu’ils avaient péri sous les traits d’Apollon. Eustathe, au meme endroit, continue : « Et les Telchines périrent, dit-on, inondés « de pluie par Jupiter, ou percés de flèches par Apol- « Ion. — RaTO[JLêp7)6évT£ç ^£, (paalv, ûtuo Atoç, ri to^suOsvtsç « Ù7u6 ^AnoXXcûvoç o)7.ovto »

Nous n’avons ici, chacun le voit, que la lutte victorieuse des Héliades sous une autre forme. Que devient alors l’argument de Lobeck, s’appuyant principalement sur cette mort violente pour exclure nos Tel-

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