‹ Les métaux dans l'antiquitéChapitre 79 sur 248 · Ad Æn,, IV · texte numérisé non relu

Ad Æn,, IV

« phorum commenta^ sacrum a Lyco Telchine consti- (( tutum esse vbluerunt\ »

Le docte grammairien n’a pas remarqué qu’il s’agit ici de deux traditions complètement distinctes, et qui, loin de se contredire, ne portent pas sur le meme fait. Dans celle de Diodore, les Telchines n’éprouvent aucun mal; ils préviennent une inondation, donnée par l’historien comme un événement naturel, que pouvait prévoir l’observation et qu’explique le sol de l’île, peu élevé au-dessus du niveau de la mer. Quant au temple consacré par Lycus à Apollon Lycien , dans la Lycie, le Telchine surnomme ainsi le dieu ou du nom de la province ou de son nom propre. Dans la tradition de Servius, au contraire, les Telchines sont tués par Apollon sous la forme d’un loup; mais y est-il dit que les Telchines aient surnommé Apollon Lycien ? qu’ils lui aient érigé un temple ? ]Non assurément. Il y a plus : dans cette tradition, on ne prétend dériver le surnom du dieu ni de Lycus, le nom d’homme, ni de Lycie, le nom de la province, mais de ‘Xuzoç, loup.

Bien que nos métallurges ne fussent pas ici en cause, j’ai cru devoir discuter les deux traditions, pour apprendre à se défier des jugements erronés de Lobeck et de ses fausses préventions.

Je ne m’arrêterai pas à l’interprétation d’un grammairien de basse époque, Lactance Placide, qui a laissé des arguments plus ou moins courts pour les Métamorphoses d’Ovide, et qui, à propos du passage que nous avons cité du poète latin, nous dit, non comme

\. Jglaopham.^ .

son auteur, que ce fut en liaine de leurs maléfices, mais à cause de la haine de Junon, son épouse, que Jupiter submergea les Telchines : « Telcliinas lalysios,

(( quos Jupiter propter odium conjugis suæ Junonis « subjecit mari \ »

Je ne signalerai aussi qu’en passant la glose explicative de répitbète \vvata donnée à Rbée. Le scholiaste d’Apollonius de Rhodes nous dit : « ’Avraia* « 'h 'Péa ouTto Xs-yeTai, ^toTi IvavTia toîç Tekjiaiv syevsTo^. « — ’AvTaia : Rhée est ainsi appelée parce qu’elle « fut opposée aux Telchines. » L’allusion aujourd’hui nous échappe ; dans tous les cas , elle ne saurait s’adresser à nos métallurges, serviteurs absolument soumis à la déesse. Reprenons les traditions qui les concernent.

Ces reproches si souvent adressés aux Telchines de n’être que des Génies envieux et malfaisants finirent par rendre leur nom synonyme de l’envie et de la méchanceté. Eustathe, dans le passage si souvent cité, ajoute : « 'H Trapoip-ia tou; <p6ov£pou; /.cà vj^o-yspou; « TgT^^iva; w; iy. twv eipTipisvwv x.a'Xeî’. STVKïiy^opo; ^à, çaoi, « Ta; Rvipa; Ta; (7X,otwc£i; TgXy^îva; TrpocYiyopguog. — « Et le proverbe, comme par suite des choses qui M viennent d’étre dites, appelle Telchines les gens en- « vieux et enclins à blâmer. Aussi, dit-on, Stésichore « a-t-il appelé Telchines les Parques et les ténèbres « infernales. »

Mais cette réputation, si méchamment ternie, étaitce la voix publique qui l’avait faite? Ou bien des enne-

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