Ad Argonaut.^ I
mis, plus intimes et particulièrement intéressés à ce décri, avaient-ils diffamé les Telchines? Nous pouvons répondre à cette question, grâce aux renseignements que nous fournissent les anciens.
Boeckh, dans ses notes sur Pindare*, a comparé les Telchines de Rhodes aux Dédalides d’Athènes, familles d’artistes où l’art se transmettait de père en fils comme une sorte de sacerdoce. Les Telchines furent, en effet, des artistes, mais moins hommes que les Dédalides; Boeckh les a trop humanisés. Après lui, Ottfr. Müller a dit : « Les Telchines paraissent avoir formé une ancienne « corporation de forgerons et de statuaires \ » Telle est aussi mon opinion, et par là j’explique une expression très-embarrassante de Nicolas de Damas. Il nous a dit plus haut : « Les Telchines ayant imité les œuvres « de leurs devanciers. — Ta twv TrpoTspwv Ipya (/.t(/.7i(>a- « [jLsvot. » Si les Telchines étaient des créateurs de l’art, de quels devanciers s’agit-il? Des membres de leur propre corporation , qui s’imitaient et se perfectionnaient successivement. Lobeck a suspecté l’expression, et, à coté de TrpoTgpwv, il a mis c’est à tort\
Mais ces Telchines, si admirés, eurent sans doute des imitateurs; il se forma des corporations rivales, et par conséquent des jalousies, des inimitiés et des