‹ Les métaux dans l'antiquitéChapitre 84 sur 248 · Nat. Hist., XXXVI · texte numérisé non relu

Nat. Hist., XXXVI

De Sicyone les Telchines passèrent-ils en Bèotie? Ecoutons Pausanias : « Il y a, dit-il, à Teumesse, ville « de la Bèotie, un temple consacré à Minerve Telchia nienne, qui n’a pas de statue. Au surnom de la « déesse, on peut conjecturer qu’une partie des Tel- « chines, qui habitèrent jadis à Chypre, étant venue « en Bèotie, construisit un temple en l’honneur de « Minerve Telchinienne. — Kat ’AÔvivàç sv T£U(jt.-/](7(7w « TzkjyiioLC, £(7t1v Upov, oùz ' £ç ^£ iT:iySky\~

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Gomme il est très-loisible d’opposer sa conjecture à celle de Pausanias, je dirai d’abord qu’il me paraît peu probable que les Telchines aient visité la Bèotie, bien que cette terre donnât du fer d’une qualité supérieure, ainsi qu’on Pa vu à l’arlicle des Cabires. J’objecterai en second lieu que nos artistes ne s’occupèrent jamais que de reproduire les images des dieux ou des objets symboles de leur toute-puissance, la faux de Saturne, le trident de Neptune.

Une objection beaucoup plus grave, et la remarque s’étend à tous les membres de la famille dont nous faisons l’histoire, c’est que ni les Telchines ni les autres métallurges ne touchèrent jamais à la pierre, mais travaillèrent exclusivem*ent les métaux.

Quant au surnom de Telchinienne donné à la déesse, je l’explique ainsi. A l’origine, nos métallurges ont un itinéraire inflexiblement tracé, dont ils ne s’écartent pas, nous l’avons vu. Mais lors(jue la piété reconnais-

i. IX, 19, 1.

saute en eut fait des dieux, et qu’elle les eut voilés d’une institution de mystères, leur culte s’étendit. Qu’il ait passé dans la Béotiè, on n’en saurait douter. J’en vois un signe dans le surnom de Minerve, et j’en trouve des traces mieux marquées dans ce que Pausanias rapporte un peu plus loin. Le Périégète nous apprend qu’à Anthédon, non loin deTeumesse, on avait élevé un temple aux Cabires^ Un peu plus loin encore nous rencontrons un bois sacré de Gérés Cabirique et de Proserpine, et, à une certaine distance, un temple consacré aux Cabires. Maintenant, faudrait-il conclure de là que les Cabires allèrent en Béotie? Assurément non. Et cependant les Thébains cherchaient à le faire accroire, et Pausanias ne fut pas très-éloigné d’ajouter foi aux contes des exégètes ^

Une dernière question : les Telchines allèrent-ils en Samothrace ? Je n’ai découvert aucun texte qui le déclarât positivement ; mais nous avons des témoignages indirects. Comment admettre, en effet, qu’ils aient manqué au rendez-vous général des métallurges, lorsque nous voyons les Génies auxquels l’antiquité les associa, et ceux avec qui elle les confondit plus particulièrement, les Curètes, s’y trouver?

Les Telchines furent donc des métallurges comme tous les membres de leur famille, et, de plus, des artistes renommés; tels nous les ont montrés de concert l’histoire et la géographie. Les métaux ont rendu tout ce qu’ils peuvent produire, et la métallurgie a dit son dernier mot à nos Telchines.

t . IX, 22, 4.

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